Molex: que fait la justice face aux fermetures d'usine?

JUSTICE Le juge a demandé la réouverture de l'usine, Molex refuse... et maintenant?

Oriane Raffin (avec agence)

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      — P. PAVANI / AFP
Les faits
Tensions. En plein conflit social après l'annonce de la fermeture définitive d'un site de Molex, fin octobre, un dirigeant américain de Molex est bousculé sur le site de Villemur-sur-Tarn, mardi 4 août, par des salariés. D'autres empêchent les camions d'entrer ou de sortir, craignant «qu'ils enlèvent l'outil de travail et le stock».

Fermeture. Le jeudi, la direction de Molex décide de fermer les locaux, puis de demande au tribunal de grande instance de Toulouse de statuer en référé sur la fermeture provisoire de l'usine «par mesure de sécurité, le temps de faire un état des lieux».

Reprise du travail impossible.
Les salariés, en grève à ce moment-là, décident alors de lever le mouvement et de retourner au travail. Chose impossible: des vigiles de la direction les empêchent de rentrer dans leur usine.

La décision
Ce mardi, le TGI de Toulouse rend son ordonnance, rejetant la demande de fermeture de Molex. Par ailleurs, le tribunal ordonne aux représentants du personnel de «cesser et faire cesser immédiatement et sans délai les entraves à la liberté du travail, à la libre circulation des biens et des marchandises».

Les suites
En début d'après-midi, l'usine était toujours fermée. Dans un communiqué, la direction de Molex explique: «la fermeture temporaire du site restera en vigueur tant que le management ne sera pas certain que la sécurité des biens et des personnes est assurée, ce qui n'est pas le cas actuellement.»

Me Jean-Marc Denjean, avocat du CE de Molex, contacté par 20minutes.fr, explique avoir fait «constater par un huissier» le fait que l'usine restait inaccessible aux salariés. «Une réunion a eu lieu en début d'après-midi à la préfecture, avec l'inspection du travail. Une personne devait se rendre sur place. On attend désormais de savoir comment l'inspection du travail va réagir, face à cette décision unilatérale, contraire au droit du travail.»

Et si les dirigeants continuent à «ne pas respecter le code du travail», que va-t-il se passer?
«Si l'inspection du travail constate un refus d'application de l'ordonnance du TGI, alors elle peut dresser un procès-verbal», explique Me Denjean. « Nous espérons maintenant que l'administration du travail ou le gouvernement organisent de nouvelles négociations», précise-t-il. Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, s'est d'ores et déjà dit prêt à «nommer un médiateur».

Les salariés «ne veulent pas céder à la provocation». Pour le moment, ils n'agissent pas, pour ne pas pouvoir être accusés d'entraves au droit du travail. Quant aux dirigeants, s'ils décident de maintenir leur usine fermée, ils pourraient être poursuivis... même si une grande majorité d'entre eux réside aux Etats-Unis.