Molex: le site ne fermera pas... pour le moment

SOCIAL Le juge des référés a déclaré illégale la décision de la direction de fermer le site de Villemur-sur-Tarn...

O.R. (Avec agence)

— 

 









 
 
      — P. PAVANI / AFP

Le juge des référés de Toulouse a refusé à la direction de l'équipementier automobile américain Molex de fermer l'usine de Villemur-sur-Tarn, près de Toulouse, selon l'avocat du Comité d'entreprise.

La décision fermer l'usine pas recevable


La décision de la direction de Molex de fermer le site situé près de Toulouse «est illégale», a déclaré Me Jean-Marc Denjean, après avoir pris connaissance de la décision du juge. Il explique que le juge a pris acte du fait que le site était déjà fermé par la direction au moment de son recours en justice, et donc que la décision de Molex de fermer l'usine n'était pas recevable.

Marcus Kerriou, qui a démissionné jeudi de son poste de co-gérant du site, a toutefois assuré mardi à l'AFP que «le site reste fermé». «Cette mesure temporaire reste en place. Nous considérons que nous ne sommes pas en mesure d'assurer la sécurité des personnes et des biens», a-t-il dit.

«C'est une bérézina judiciaire pour la direction de Molex», a estimé l'avocat. La direction de Molex avait demandé jeudi dernier au juge des référés d'autoriser la fermeture (de l'usine) «par mesure de sécurité, le temps de faire un état des lieux, et l'expulsion immédiate et sans délai de toute personne perturbant les entrées et sorties des bâtiments de l'établissement (...) sous astreinte de 2.000 euros par infraction constatée et par personne».

«On s'en doutait un peu»

«On s’en doutait un peu, comme on avait voté la reprise du travail», déclare Guy Pavan, délégué CGT, joint par 20minutes.fr «c’est une décision plutôt favorable pour nous. Mais pour le moment, on est devant l’usine, et le site est toujours fermé. Il n’y a personne de la direction, que des vigiles.»

Le juge des référés a par ailleurs «ordonné» à 4 représentants du personnel, dont le secrétaire du Comité d'entreprise Denis Parise (CGT), de «cesser et faire cesser immédiatement et sans délai les entraves à la liberté du travail, à la libre circulation des biens et à la liberté du commerce, de l'industrie et de la propriété, par occupation des accès aux sites».

Il «ordonne en conséquence l'expulsion immédiate et sans délai, y compris avec le concours de la force publique si besoin est, de toute personne perturbant les accès aux entrées et sorties du site et établissements de la société Molex Automotive».

L'usine viable?

La direction avait fermé provisoirement l'usine mercredi dernier «pour garantir la sécurité des employés (administratifs non grévistes) et des vigiles de l'usine», après un incident ayant opposé sur le site un dirigeant de l'entreprise à des salariés.

La fermeture définitive de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (283 emplois), bloquée par les salariés et dont la production est paralysée depuis le 7 juillet, est prévue pour fin octobre, mais le personnel espère une réindustrialisation du site. Les salariés en grève avaient voté jeudi dernier pour la reprise du travail mais ils avaient été empêchés d'entrer dans l'usine par des vigiles de la direction.

«L'usine n'est pas viable. La fermeture reste programmée pour fin octobre», avait réaffirmé Marcus Kerriou, cogérant de l'usine qui a présenté sa démission la semaine dernière. La direction de Molex aux Etats-Unis a décidé de reprendre le «management direct» de l'usine de Villemur. Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a convenu d'un rendez-vous le 25 août au ministère de l'Industrie avec le vice-président du groupe Molex, Martin Slark.