Cinq morts dans l'incendie d'une HLM

DRAME Le feu a pris à 4h17 dans la cage d'escalier d'un immeuble HLM de Sevran et s'est rapidement propagé, mettant en cause la sécurité du bâtiment...

Avec agence

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  — O. LABAN-MATTEI / AFP

Cinq personnes - deux adultes, deux enfants et un nourrisson - sont décédées dans la nuit de dimanche à lundi dans un incendie survenu dans un immeuble HLM de neuf étages dans une cité à Sevran (Seine-Saint-Denis), ont annoncé les sapeurs-pompiers de Paris.

Un homme, dont l'âge et l'identité n'ont pas été communiqués, a été retrouvé mort dans la cage d'escalier, et un autre adulte et deux enfants ont été découverts sans vie dans un appartement au huitième étage. Les sapeurs-pompiers n'ont pas précisé l'endroit exact où a été retrouvé le corps du nourrisson.Vingt-neuf autres personnes ont été légèrement intoxiquées par la fumée, dont 15 ont été évacuées vers l'hôpital Robert-Ballanger à Aulnay-sous-Bois.

Les causes de l'incendie inconnues

A mi-journée, ce lundi matin, les spécialistes du Laboratoire central de la préfecture de police de Paris étaient sur place et continuaient leurs relevés.

Le feu, qui a pris lundi à 4h17 dans la cage d'escalier, s'est propagé dans le reste de l'immeuble, avant d'être éteint à 6h19, selon les pompiers. 150 sapeurs-pompiers et une cinquantaine d'engins, venus de 21 centres de secours, ont été dépêchés sur place, ont précisé les sapeurs-pompiers. L'origine de l'incendie n'a pas été déterminée et la brigade criminelle a été chargée de l'enquête.

La trappe de secours mise en cause par les habitants

Plusieurs habitants mettent en cause le bailleur de l'immeuble «3F immobilier», qui aurait condamné la seule issue de secours. Certains habitants ont en effet confié à l'AFP que la trappe de secours située au haut du bâtiment était fermée avec un cadenas. «Normalement il y a une sortie de secours, la trappe du toit qui est sensée être ouverte était cadenassée, ça a empêché la fumée de sortir et les personnes de sortir aussi. Elle a dû être forcée», a expliqué Tatiana Houblon, qui habite au 6ème étage.

«Des jeunes squattent en bas pour vendre de la drogue, le rez-de-chaussée est bloqué avec de grosses poubelles et on est obligé de prendre l'ascenseur pour monter dans les étages. Mais 3F, quand on les appelle, ils nous disent: "c'est comme ça, on ne peut rien faire"», a également raconté à l'AFP Dominique, souhaitant garder l'anonymat par peur des représailles.

Jean-Marie André, directeur général adjoint d'Immobilière 3F a pour sa part expliqué: «Cette trappe n'a pas vocation à servir d'issue de secours.» Il a évoqué un «immeuble malheureusement difficile dans lequel il y a des trafics de drogue et les accès aux toits sont condamnés pour éviter le caillassage des forces de police». Le bailleur a également précisé que les familles étaient actuellement recensées afin de pouvoir être relogées.