Retour à la normale en Nouvelle-Calédonie

CONFLIT SOCIAL Alors qu'un accord a été trouvé entre Aircal et USTKE, les premiers signes de l'apaisement se font sentir à Nouméa...

E.L. avec agence

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  — M. LE CHELARD / AFP

Le climat est d’ores et déjà à l’apaisement en Nouvelle Calédonie. Le président d'Aircal, Nidoish Naisseline, et des dirigeants du syndicat indépendantiste USTKE, ont trouvé un terrain d'entente, notamment sur le paiement des jours de grève qui feront l'objet d'avances sur salaires remboursables.

La secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Marie-Luce Penchard a «salué» jeudi la signature de ce protocole d'accord, estimant que «le travail accompli ces dernières années ne saurait être anéanti par les comportements violents de certains, qui ne relèvent pas d'une activité syndicale».

«C’est déjà beaucoup plus calme»

A Nouméa, «cela se ressent déjà», témoigne une habitante. «C’est déjà beaucoup plus calme dans les rues, on peut à nouveau circuler normalement et certaines entreprises qui avaient été contraintes à fermer peuvent rouvrir leurs portes», raconte-t-elle.

Après les violents affrontements dont l’île a été le théâtre pendant une semaine, «on ressent un grand soulagement», explique un autre habitant de Nouméa. Originaire de la métropole, il s’est installé en Nouvelle Calédonie il y a près de trois ans et évoque «quelques points chauds très localisés» et un mouvement qui globalement, «n’avait rien à voir avec ce qu’on a pu avoir en Martinique».

Montée de la violence mercredi

Mercredi, les évènements avaient pris une tournure inquiétante. «Ils ont dû comprendre qu’il fallait rapidement trouver une solution pour sortir de la crise», témoigne ce résident de Koné, au nord de la Nouvelle-Calédonie.

A Saint-Louis, près de Nouméa, des dizaines de jeunes, extérieurs au conflit, avaient violemment manifesté, enflammant pneus et morceaux de bois sur la route. «La situation était devenue extrêmement dangereuse, avec l'agrégation des jeunes au mouvement. On ne pouvait pas attendre que quelqu'un meure pour qu'il y ait une prise de conscience», a justifié Philippe Gomes, le président du gouvernement, qui a mené les négociations.

L’économie de l’archipel durement touchée

Les blocages du port et de la zone commerciale de Nouméa ont durement asphixié l’économie de l’archipel. «Beaucoup de petites entreprises ont souffert de ces grèves et un certain nombre de personnes risque de se retrouver au chômage à cause de cela, car ici, il n’y a pas les mêmes aides sociales qu’en métropole», explique cette habitante de Nouméa.

Mais elle rappelle que la crise n’est pas totalement terminée. L’USTKE s'est aussi mobilisée pour réclamer la libération de son président, Gérard Jodar, incarcéré depuis fin juin. Ce dernier a été condamné à un an de prison pour exactions dans le cadre du conflit avec Aircal. Il sera jugé en appel le 25 août prochain.