Molex: une cinquantaine de salariés devant l'usine

SOCIAL Ils protestent contre la fermeture de leur usine...

MD (Avec agence)

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Plus de 180 salariés se sont inscrits pour "monter la garde" devant l'usine, en faisant les 3x8 par groupes de 3 à 6 personnes, mais le dispositif sera allégé pour Noël et le Jour de l'An, selon les syndicats.
Plus de 180 salariés se sont inscrits pour "monter la garde" devant l'usine, en faisant les 3x8 par groupes de 3 à 6 personnes, mais le dispositif sera allégé pour Noël et le Jour de l'An, selon les syndicats. — Eric Cabanis AFP

Ils sont une cinquantaine, furieux contre la direction, à s'être rassemblés aux pieds de leur usine de Villemur-sur-Tarn, près de Toulouse. la raison de leur colère: l'annonce de la fermeture du site pour raison de sécurité.

Une convocation au tribunal

«On a appelé l'inspection du travail car les représentants du personnel doivent pouvoir entrer, ça commence à se corser. S'ils cherchent l'épreuve de force, ils vont l'avoir. On est remonté, on est comme des bêtes sauvages», a averti le secrétaire du CE, Denis Parise. Ce dernier et trois salariés de Molex sont convoqués jeudi à 10 heures au TGI, assignés en référé par Molex qui réclame la levée du blocage de l'usine.

L'usine, bloquée par les salariés et dont la production est paralysée depuis le 7 juillet, a été fermée provisoirement mercredi soir, «pour garantir la sécurité des employés (administratifs non grévistes) et des vigiles de l'usine après qu'un salarié et deux gardes eurent été blessés dans un incident violent sur le site», selon un communiqué de Molex. Selon la version des salariés, le directeur du développement Eric Doesburg, qui marchait avec une canne du fait d'une opération au genou, a été bousculé mardi soir et des oeufs ont été lancés sur lui et ses gardes du corps. Un médecin lui a prescrit une ITT de 7 jours.

Une fermeture pour faire peur

Interrogé sur l'éventualité d'une fermeture définitive, Denis Parise écarte l'hypothèse. «Ca ne peut pas être une fermeture définitive, le CE n'a pas été consulté. Tant que le plan social n'a pas été négocié ils ne peuvent pas fermer», souligne-t-il. «Pour moi, au delà de ce que dit la direction, cette fermeture est là pour créer dans l'esprit des gens une forme de peur. C'est un avertissement. C'est plus psychologique que sécuritaire», a déclaré pour sa part Thierry Bonhoure, délégué syndical FO.

La fermeture de l'usine Molex est prévue pour fin octobre mais le personnel espère une réindustrialisation du site, à condition que Molex cède l'outil de production, ce que refuse le groupe américain qui a construit une usine identique aux Etats-Unis pour y délocaliser sa production. Le directeur général de Molex, Martin Slark, a en outre dénoncé mercredi soir «le manque de réaction des forces de l'ordre» appelées par la direction de l'usine.

Minimiser les licenciements

«Je pense qu'ils ont saisi l'occasion (de l'incident) pour fermer l'usine. Une fois l'usine fermée, on ne verra pas ce qu'ils font du stock», craint le délégué FO. «Je suis inquiet, poursuit-il, Molex ne veut rien laisser sur le site pour que l'emploi soit maintenu. (...) Si le maintien de l'emploi échoue, il ne restera plus qu'à négocier un plan social, mais on sent qu'ils cherchent à faire un plan social à minima».

C'est un «combat légitime», soutient Thierry Bonhoure, «on veut minimiser les licenciements ou que Molex paye l'addition, car ce n'est pas une fermeture pour raison économique, elle est purement stratégique». Le cabinet d'expertise comptable Syndex a estimé que Molex-Villemur (283 emplois) était viable, ce que dément la direction.