La plainte des magistrats contre Rachida Dati classée sans suite

JUSTICE Ils l'accusaient d'avoir insulté leur corps de métier...

J.M. avec agence

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La ministre de la Justice Rachida Dati a peiné vendredi à dissiper le malaise croissant des magistrats, inquiets pour leur indépendance, dans une prise de parole devant la puissante Union syndicale des magistrats (USM), qui lui a valu des sifflets.
La ministre de la Justice Rachida Dati a peiné vendredi à dissiper le malaise croissant des magistrats, inquiets pour leur indépendance, dans une prise de parole devant la puissante Union syndicale des magistrats (USM), qui lui a valu des sifflets. — Mehdi Fedouach AFP

Le parquet de Paris a classé sans suite la plainte pour «injure contre un corps constitué» déposée par l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) contre Rachida Dati. Les magistrats reprochaient à l'ancienne garde des Sceaux d'avoir affirmé qu'ils étaient «très sournois», de même que les avocats.
 
Des propos que Rachida Dati aurait tenu mi-mai, pendant un déjeuner-débat au Fouquet's auquel elle assistait en compagnie d'une quinzaine de convives dont l'ancien ministre PS et avocat Roland Dumas et l'avocat Jacques Vergès. Revenant sur la contestation de la réforme de la carte judiciaire, Roland Dumas avait déclaré que les magistrats et avocats étaient des «corps très réactifs». «Et très sournois», avait alors ajouté Rachida Dati.

Des propos démentis par Rachida Dati

La Chancellerie avait démenti ces propos, publiés dans le magazine «Entreprendre», mais maintenus par les journalistes. L'USM demandait la publication de la transcription «intégrale» du déjeuner-débat pour «lever toute ambiguïté». De leur côté, Roland Dumas et Jacques Vergès avaient pris l'initiative de contacter l'AFP pour soutenir la version de la ministre.
 
Pour l'USM, les propos imputés à Rachida Dati étaient passibles de 12.000 euros d'amende.