Les capteurs de vitesse à l'origine d'un nouvel incident sur un vol Air France

TRANSPORTS Le Syndicat national des pilotes de ligne craint que les nouveaux modèles de sondes Pitot ne présentent les mêmes défauts que les anciens...

Julien Ménielle

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Des sondes Pitot sur un Airbus A330.
Des sondes Pitot sur un Airbus A330. — YD PHOTOS/SIPA

Et revoilà les sondes Pitot, déjà mises en cause après le crash du vol AF 447 entre Rio et Paris. Le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) a réclamé ce mercredi un nouveau remplacement de tous les capteurs de vitesse équipant les avions d'Air France, après un incident survenu le 13 juillet sur un Airbus A320 de la compagnie. Depuis le crash, les dispositifs avaient pourtant été remplacés par des modèles plus récents. Une solution qui ne satisfait pas les pilotes, qui réclament le remplacement des nouvelles sondes par des dispositifs d’une autre marque.

Sur le vol Rome-Paris, le 13 juillet, «il y a eu un problème d'indication anémométrique (surveillance de la vitesse, ndlr) pendant six secondes», a confirmé à 20minutes.fr une porte-parole d'Air France. Mais, selon elle, «cela n'a eu aucune incidence sur le vol, les pilotes étant entraînés à réagir à ce type d'événement». La compagnie annonce par ailleurs que la sonde Pitot, de marque française Thalès, qui équipe l'appareil est un modèle récent, installé en octobre 2007.

Les nouveaux modèles pourraient ne pas apporter «les améliorations escomptées»

Mais pour le SNPL, majoritaire chez Air France, les nouveaux modèles (Thalès type BA) pourraient ne pas apporter «les améliorations escomptées». Contacté par 20minutes.fr, le porte-parole du syndicat, Erick Derivry, explique que l'incident décrit par l'équipage du Rome-Paris «présente des similitudes avec les dysfonctionnements causés par l'ancien modèle de sonde, qui équipait le vol AF447». «L'auto-pilote se serait déconnecté, ainsi que le système d'auto-poussée, qui permet de conserver la vitesse déterminée par le pilote», explique-t-il.

Selon lui, il faut donc déterminer «s'il s'agit d'un incident isolé ou si les nouvelles sondes présentent elles aussi une mauvaise résistance au givrage». Ce mercredi, un communiqué d'Air France estime justement que le problème est «probablement» lié à «un givrage à haute altitude». S'il s'avère que le défaut est commun à toutes les sondes BA, le syndicat veut «voir l'ensemble de la flotte équipée de sondes de type Goodrich (constructeur américain, ndlr) en remplacement des sondes Thales».

«On ne soigne pas le mal avant d'en connaître la cause»

Si le SNPL a choisi le modèle américain, c'est parce qu'«aucune défaillance n'aurait jamais été signlée avec les capteurs Goodrich», croit savoir Erick Derivry. D’ailleurs, ils équiperaient déjà, selon lui, «75% de la flotte mondiale des A330 et A340». Des chiffres dont Air France dit ne pas avoir connaissance. Au sujet de l'incident du 13 juillet, la compagnie précise qu'une «analyse est en cours avec le constructeur et le Bureau d'enquêtes et d'analyses».

Quant à savoir si Air France envisage effectivement de changer de marque de capteur, la porte-parole répond qu'«on ne soigne pas le mal avant d'en connaître la cause». Contactée par 20minutes.fr, la compagnie Thalès n'a pas souhaité faire de commentaire. Interrogé lundi, avant que ce nouvel incident ne soit révélé, sur la fiabilité de ses sondes, le PDG Luc Vigneron s'était contenté de déclarer que «c'est aux experts de faire leur travail».