L'OMS met en garde contre les cabines de bronzage

SANTÉ es UV artificiels sont désormais classés «cancérogènes»...

William Molinié

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Météo désastreuse oblige, la fréquentation des centres de bronzage monte en flèche, les vacanciers cherchant à compenser leur sevrage de soleil et à se donner bonne mine grâce aux cabines d'UV, faisant fi des mises en garde des dermatologues.
Météo désastreuse oblige, la fréquentation des centres de bronzage monte en flèche, les vacanciers cherchant à compenser leur sevrage de soleil et à se donner bonne mine grâce aux cabines d'UV, faisant fi des mises en garde des dermatologues. — Thomas Coex AFP

S'exposer aux rayons Ultra-Violets (UV) dans un centre de bronzage faciliterait le développement d'un cancer autant que la cigarette. Jusqu'à présent, les UV artificiels étaient considérés comme «probablement» cancérogènes.

Mais «un groupe de 20 experts issus de 9 pays viennent de les classer dans la catégorie "cancer avéré"», explique Vincent Cogliano, le chef du programme des monographies du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC), l'agence cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les résultats de cette réunion sont présentés dans l'édition d'août de la revue médicale Lancet Oncology.

«Une méta-analyse a conclu que l'exposition aux UV artificiels avant l'âge de 30 ans augmente de 75% le risque de mélanome», la forme la plus agressive du cancer de la peau, indique le CICR. Il souligne aussi que l'utilisation d'appareils de bronzage émettant des UV est largement répandue, particulièrement chez les jeunes femmes.
 
Maximum 10 séances par an
 
Les dermatologues, eux, sont plutôt satisfaits de cette étude. «Cela fait 12 ans que nous alertons le public sur le danger des UV artificiels. Une fréquentation trop jeune et répétée des cabines entame largement le capital solaire et est dont un facteur de risque», analyse Claudine Blanchet-Bardon, la vice-présidente du syndicat national des dermatologues vénéréologues. D'après les conclusions du rapport, il ne faudrait pas dépasser 10 séances par an.

Les professionnels du bronzage ne sont pas surpris par cette étude. «Depuis 1992, les rayonnements solaires sont jugés cancérogènes. C'est normal que les UV artificiels s'alignent», explique Régine Ferrère, présidente de la confédération nationale de l'esthétique-parfumerie (CNEP), qui regroupe les 6 syndicats de la branche.

«C'est comme tout, le bronzage artificiel est à consommer avec modération. Quand l'exposition est adaptée à la prescription, il y a du bon dans les UV. C'est bien pour le moral et l'assimilation de la vitamine D, donc les os», tient-elle à préciser.

Mineurs interdits

Depuis le début des années 2000, bon nombre de centres de bronzage artificiel se sont développés. «Ils flirtent sur la vague du bien-être. Tous ne respectent pas forcément la réglementation. Demandez à chaque fois s'ils ont le diplôme UV», rappelle Régine Ferrère. Un document qui prouve que le personnel a été formé et connaît les risques d'une surexposition.

Quoi qu’il en soit, les UV artificiels restent fortement déconseillés aux personnes sujettes aux allergies, aux consommateurs d'anxiolytiques et aux peaux trop blanches. Les mineurs y sont interdits. En tout cas, chez les 12.500 professionnels reconnus par la profession...