Julien Dray porte plainte contre les auteurs des fuites dans la presse

JUSTICE Son avocat réclame une enquête sur ces «violations du secret de l'instruction»...

Julien Ménielle

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Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des Finances, a relevé que les "paiements réalisés" par le député socialiste Julien Dray avec sa carte bancaire "depuis la mi-décembre 2005 s'élèvent, pour les seuls flux supérieurs à 500 euros, à 313.180,56 euros"
Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des Finances, a relevé que les "paiements réalisés" par le député socialiste Julien Dray avec sa carte bancaire "depuis la mi-décembre 2005 s'élèvent, pour les seuls flux supérieurs à 500 euros, à 313.180,56 euros" — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Julien Dray veut savoir qui a communiqué à la presse le contenu du rapport d'enquête préliminaire sur ses comptes. Par la voix de son avocat Léon-Lef Forster, il a annoncé qu'il déposait une plainte contre X pour «des faits de violation du secret de l'instruction et recel de ce délit». Dans un courrier adressé lundi au procureur de Paris, Jean-Claude Marin, l'avocat demande à celui-ci d'enquêter «lui-même».

«Je pense que Jean-Claude Marin va ouvrir une enquête», a estimé Léon-Lef Forster, contacté par 20minutes.fr. En effet, selon lui, le procureur «est aussi victime de ces manipulations, qui cherchent à le déstabiliser pour le contraindre à prendre une décision qu'il n'a pas encore arrêtée». Une explication que l'intéressé, injoignable, n'a pas pu confirmer.
 
Les précédentes plaintes n'ont rien donné

Depuis le début de cette affaire, Julien Dray a déjà déposé plusieurs plaintes contre les fuites répétées dans les médias. Ce sont cette fois des articles parus sur le site «Mediapart» et dans «Le Monde» qui ont déclenché son ire. «Ce n'est pas la presse qui est visée, mais ceux qui lui donnent leurs informations», s'emporte Léon-Lef Forster. Il déplore cependant ne pas avoir été contacté par les journalistes au sujet des éléments du rapport qui accablent son client.
 
Dans son courrier à Jean-Claude Marin, l'avocat regrette que ses plaintes précédentes n'aient rien donné. Il pose cette fois une sorte d'ultimatum. «Il est évident, écrit-il, que si cette dernière plainte n'aboutissait pas, le justiciable devrait considérer que l'application des règles de droit n'est plus assurée dans notre société».