Michel Rocard rend sa copie sur la taxe carbone

ENVIRONNEMENT Le groupe d'experts préconise de taxer pétrole, gaz et charbon, afin de dissuader leur consommation...

Avec agence

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L'ancien Premier ministre Michel Rocard s'est inquiété vendredi du déroulement des préparatifs de désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle, appelant le PS à "prendre son temps".
L'ancien Premier ministre Michel Rocard s'est inquiété vendredi du déroulement des préparatifs de désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle, appelant le PS à "prendre son temps". — Luis Acosta AFP/Archives
Michel Rocard, président de la conférence d’experts sur la création d’une taxe carbone (CCE), rendra sa copie ce mardi après-midi au ministère du Développement durable, à Jean-Louis Borloo et à Christine Lagarde.
 
Les experts se sont réunis début juillet, afin de dessiner les contours de la mise en place de la taxe carbone. Lors d’une table ronde présidée ensuite par Michel Rocard, le 9 juillet, un consensus a été formulé autour de certaines recommandations, remises aux membres du gouvernement ce mardi.
 
«Dissuader les consommations excessives»
 
La taxe carbone vise les énergies fossiles - pétrole, gaz, charbon - «afin de dissuader les consommations excessives», génératrices d'émissions de gaz à effet de serre, a rappelé lundi Michel Rocard. Qu'elle doive aussi s'appliquer à l'électricité «n'est pas encore décidé», mais lui-même s'est dit «personnellement pour».
 
Cette taxe pourrait rapporter 8 milliards d'euros sur la base d'une tonne de CO2 facturée 32 euros dans l'immédiat (puis 100 euros en 2030). Avec le chauffage, elle représenterait un total moyen de 300 euros annuels par ménage.
 
8 milliards d’euros
 
La conviction de Michel Rocard est que la CCE ne doit pas servir à boucher des trous dans les finances publiques. «Nous voulons en tirer de quoi compenser les pertes de pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires et soulager les entreprises menacées par la concurrence étrangère», insiste-t-il.
 
Jean-Louis Borloo avait évoqué au début du mois le versement d'un «chèque vert». Cependant, a prévenu lundi Michel Rocard, la manière de compenser la taxe n'est «pas encore tout à fait mise au point». Ce sera à l'administration fiscale d'y travailler pour une inscription possible de la CCE au projet de budget, dès cet automne.