Affaire Dray: Le rapport qui fait mal

JUSTICE Les conclusions de l'enquête préliminaire sur les comptes du député socialiste ont été communiquées à son avocat et semblent confirmer de nombreuses malversations...

J.M. avec agence

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Le député PS Julien Dray s'efforce de faire face aux révélations du contenu de l'enquête sur de présumés mouvements de fonds à son profit en menaçant de poursuites journaux et sites internet et en chargeant un "jury indépendant" de se pencher sur son patrimoine.
Le député PS Julien Dray s'efforce de faire face aux révélations du contenu de l'enquête sur de présumés mouvements de fonds à son profit en menaçant de poursuites journaux et sites internet et en chargeant un "jury indépendant" de se pencher sur son patrimoine. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Le rapport de l'enquête préliminaire sur les comptes de Julien Dray accable le député PS de l'Essonne. Les policiers décrivent, dans le document, que le procureur Jean-Claude Marin a remis à l'avocat du député de l'Essonne, et dont les sites Mediapart et lemonde.fr ont publié des extraits, un vaste mouvement de fonds émanant de diverses associations ou de proches collaborateurs au bénéfice de l'élu socialiste.

Selon les estimations des policiers et du parquet, entre 2005 et 2008, Julien Dray aurait dépensé 521.919 euros par an en moyenne (soit 43.500 euros par mois) pour des revenus évalués à 407.854 euros (34.000 euros mensuels). Les enquêteurs se sont donc attachés à définir l'origine des fonds suspects.

Des dépenses nettement supérieures aux revenus

Pour sa défense, Julien Dray aurait expliqué aux enquêteurs avoir eu affaire à de nouvelles dépenses (remboursement d'un prêt, «charges familiales supplémentaires») depuis début 2006. Ce qui explique, selon lui, qu'il ait sollicité ses proches pour obtenir des prêts. Mais il l'assure: il ne s'est «livré à aucun enrichissement et à aucune malversation».

Les conclusions de l'enquête mettent bien en cause les deux associations initialement visées: SOS Racisme et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), dans lesquelles Julien Dray a gardé de nombreux contacts. Deux de ses proches collaborateurs auraient ainsi perçu des Parrains de SOS Racisme des virements pour des prestations non établies et en auraient reversé une importante partie au député. Ils auraient même, selon les enquêteurs, bénéficié d'un système de fausse facturation.

Des sommes encaissées puis reversées à Julien Dray

Quant à la Fidl, elle est soupçonnée d'avoir versé sur la même période quelque 23.000 euros sous la forme de neuf chèques à une proche collaboratrice de Julien Dray. Dans leur rapport de synthèse, les policiers relèvent que «certaines sommes encaissées ont été suivies d'un décaissement au profit» de l'élu socialiste.

L'avocat de Julien Dray, Léon-Lef Forster, annonçait récemment à 20minutes.fr qu'il attendait le rapport pour «vérifier la loyauté de l'enquête» et «en savoir plus sur les fuites orchestrées dans la presse». Après la publication de ces nombreux éléments soumis au secret de l'enquête, il a annoncé sa volonté d'intenter de nouvelles actions en justice.