Un militaire suspendu après l'incendie de Marseille

INCENDIE Le feu, qui a ravagé 1.300 hectares, est sous contrôle...

Avec agence

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Un incendie brûle 1.100 hectares  aux portes de Marseille, le 22 juillet 2009.
Un incendie brûle 1.100 hectares  aux portes de Marseille, le 22 juillet 2009. — AFP PHOTO MICHEL GANGNE

Le feu est maintenant sous contrôle, mais les habitants ont eu peur. Un vaste incendie est arrivé dans la nuit aux portes de Marseille, brûlant près de 1.300 hectares. «La situation est bien plus calme et apaisée depuis 6 heures. Vers 7 heures, il y avait encore quelques foyers mais le feu est circonscrit et sous contrôle», a assuré le contre-amiral Philippe Pancrazi, commandant des marins-pompiers de Marseille, sur la radio France Bleu Provence.

«Nous gardons tous nos moyens sur place», en l'occurrence 480 pompiers et une centaine de véhicules répartis sur huit kilomètres, en raison du vent. Ce dernier devrait cependant baisser ce soir et demain vendredi, a-t-il expliqué. Deux avions bombardiers «chiens de garde» effectuaient également jeudi matin des rotations, prêts à intervenir.

François Fillon et les ministres de l'Intérieur Brice Hortefeux et de la Défense Hervé Morin étaient attendus sur place en début d'après-midi.

Des essais militaires à l'origine

Le feu a démarré accidentellement mercredi en début d'après-midi après des tirs d'essai de militaires dans le camp de Carpiagne au-dessus des calanques, selon les gendarmes. Sautant de crête en crête, les flammes ont d'abord menacé les quartiers est de Marseille avant de progresser vers le sud alors que le vent restait soutenu et gênait, en plus d'un relief escarpé, l'intervention des pompiers.

Un chef de section du premier régiment étranger de la Légion à Aubagne, responsable des tirs de balles traçantes à l'origine de l'incendie qui a ravagé plus de 1.000 hectares dans la nuit près de Marseille, a été suspendu de ses fonctions, a annoncé jeudi le service de communication de l'armée.

Maison de retraite évacuée

Quelque 120 pensionnaires d'une maison de retraite du quartier de La Panouse (sud) ont été évacués dans la nuit vers un gymnase, certains parfois encore en pyjama, d'autres en fauteuil roulant. Dans le même quartier, 90 personnes ont quitté un centre pour handicapés. Selon les marins-pompiers, plusieurs dizaines de maisons à La Barasse et aux Trois-Ponts (est) ont été «léchées» par les flammes et leurs habitants ont été «mis en sécurité» dans la nuit. Certains ont pu depuis regagner leur domicile depuis. Une seule villa, située dans le quartier de la Panouse, a été détruite par les flammes et cinq cabanons brûlés.


 

Trois établissements scolaires ainsi que deux gymnases ont été ouverts pour accueillir les évacués et 135 policiers et CRS ont été dépêchés sur place pour surveiller les habitations, éviter les pillages et garantir l'accès aux pompiers.

Incommodées par la fumée, deux personnes âgées ont été admises à l'hôpital de Sainte Marguerite ainsi qu'un marin-pompier, qui a été transporté à l'hôpital de la Timone pour contrôle médical.



«L'imbécilité du geste»

Ce jeudi matin, la polémique sur l'origine de l'incendie ne désenflait pas. Le préfet de région Michel Sappin a évoqué «l'imbécilité du geste» des militaires à Carpiagne et s'est dit «excédé». «L'an dernier, c'était la même chose près du camp de Canjuers (Var, ndlr), ça avait été le plus grand feu de l'été. Aujourd'hui c'est à Carpiagne, j'ai téléphoné au gouverneur militaire pour leur dire qu'il est inadmissible et scandaleux que les militaires, comme si de rien n'était, continuent leurs activités alors qu'il y a du vent et que les conditions sont dangereuses», a-t-il dit, précisant qu'une enquête de commandement avait été ouverte.

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Le député UMP des quartiers sud de Marseille Guy Teissier, président de la commission de la défense à l'Assemblée nationale et promoteur du futur parc national des Calanques, a lui réclamé une enquête administrative au sein des armées et une enquête de police judiciaire, évoquant une «catastrophe humaine et écologique».
 
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