Fabris: «On a été jetés comme de vieilles chaussettes par tous ces grands constructeurs»

SOCIAL Les employés du sous-traitant automobile basé à Châtellerault sont venus exprimer leur mécontentement ce jeudi, devant le siège social de Renault, en vain...

Oriane Raffin

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Très tôt ce matin, environ 180 employés de l’usine New Fabris de Châtellerault, dans la Vienne, ont pris le bus. Destination : Boulogne-Billancourt et le siège social du constructeur automobile Renault. Licenciés début juin, ils réclament à Renault et à PSA, leurs principaux clients, une indemnité de 30.000 euros par personne.

Armés de tambours, cornes de brume, drapeaux et porte-voix, les employés de ce petit sous-traitant automobile, spécialisé dans la fabrication de pièces mécaniques, ont exprimé leur mécontentement. «On n’a plus rien. On a nos maisons à payer, nos enfants à élever. Tout le monde nous oublie», s’insurge Jocelyne. La détresse s’affiche chez de nombreuses personnes présentes. Malgré le soutien de plusieurs factions syndicales de Renault, tous se disent «abandonnés» et s’inquiètent pour leur avenir, dans une région particulièrement sinistrée.



Dernier recours: la menace. «Y’a des gens chez nous qui sont capables de tout faire péter», prévient Thierry, employé depuis 35 ans. En effet, les employés se disent prêts à faire exploser leurs locaux avec des bombonnes de gaz si leurs revendications ne sont pas respectées. Vers 11 heures, premier signe d’ouverture: des responsables de Renault sont prêts à recevoir 5 délégués syndicaux. Pendant 1h45, le reste des troupes, devant la grille, s’agite, inquiet. C’est finalement le visage fermé que Guy Eyermann, représentant de la CGT ressort des négociations: la direction de Renault refuse de verser l’indemnité demandée. Elle propose le rachat des stocks, comme PSA, ce qui permettrait d’obtenir 6.600 euros par tête. Trop peu s’insurgent les syndicats.



A partir de ce moment-là, la tension monte d’un cran. Les propos sont de plus en plus violents. Un cortège se met en route pour bloquer la circulation dans Boulogne, accueilli par des CRS. Quelques échanges violents, menaces d’utiliser les gaz lacrymogènes, mais finalement, tout rentre dans l’ordre, avec ces employés connus dans leur région pour leur calme.



En milieu d’après-midi, après la pause pique-nique, les représentants décident de rentrer à Châtellerault. «Mais la mobilisation continue», précise Guy Eyermann, «dès demain, on va faire brûler une ou deux machines de Renault, afin de montrer notre détermination!». Les employés ont laissé un ultimatum jusqu’à fin juillet aux constructeurs automobiles avant de mettre leur menace de «rayer New Fabris de la carte» à exécution.