Comores: François Fillon présente ses condoléances

VISITE Le Premier ministre a également annoncé que des proches de victimes seront acheminés gratuitement à Moroni lundi...

Avec agence

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François Fillon lors d'une conférence de presse à Moroni, aux Comores, samedi 11 juillet 2009.
François Fillon lors d'une conférence de presse à Moroni, aux Comores, samedi 11 juillet 2009. — AFP / Tony Karumba

François Fillon a fait samedi une visite éclair aux Comores, pour «présenter les condoléances» de la France après le crash d'un Airbus de Yemenia qui a fait 152 morts.

Seule annonce concrète du déplacement, quelque 200 proches de victimes seront acheminés gratuitement à Moroni lundi depuis Paris et Marseille, d'où venaient de nombreux passagers de l'avion accidenté, à bord d'un vol affrété par la Yemenia, mais assuré par une autre compagnie.

Arrivé en début d'après-midi, François Fillon a pu voir le long de la route le menant au palais présidentiel des panneaux proclamant «Les Comores en deuil», ou «Les Comoriens unis dans le deuil sont plus forts contre le chagrin».

Désenclaver l’île

Il a immédiatement eu un entretien avec le président comorien Ahmed Abdallah Sambi, qui lui a demandé de «renforcer autant que nécessaire» le dispositif de recherche des boîtes noires de l'A310 de Yemenia, qui s'est écrasé le 30 juin au large de la Grande Comore. Le signal des enregistreurs a été repéré le 5 juillet, mais ils n'ont toujours pas été récupérés dans l'océan Indien.

«J'ai également émis le souhait que la France nous apporte son soutien pour lutter contre l'enclavement aérien des Comores», a poursuivi le président comorien alors que seules quelques compagnies desservent l'archipel et que Yemenia avait un temps envisagé de suspendre ses vols en raison des critiques contre l'état de l'appareil accidenté.

Rien à reprocher à Paris

Les deux hommes ont évoqué, mais pas en public, la polémique qui avait suivi l'accident. Paris, qui avait interdit l'A310 sur son territoire, mais pas Yemenia dans son ensemble, a été accusé de ne pas avoir cherché à empêcher de vol un «avion poubelle».

Mais face à ce sentiment de discrimination, François Fillon a réaffirmé que la France avait alerté les autorités aéronautiques européennes compétentes et qu'il n'y avait rien à «reprocher» à Paris.

Rappelant que la France avait engagé des moyens maritimes, aériens et humains, dont des plongeurs, François Fillon a exprimé l'espoir que les «boîtes noires» soient récupérées «d'ici quelques jours» pour que «toute la vérité soit faite».

Concernant les liaisons aériennes, il a rappelé qu'Air France, qui ne dessert plus l'ancienne colonie française depuis 1995, était une compagnie privée, mais s'est engagé à étudier une éventuelle «desserte exceptionnelle des Comores pendant les prochaines semaines».

Le «miracle» Bahia

François Fillon a également décoré un acteur du «miracle» de la catastrophe, un marin comorien de 43 ans qui a participé au sauvetage de la seule rescapée, Bahia Bakari, une adolescente de 12 ans originaire de région parisienne.

«Elle était sur un morceau de contreplaqué qu'elle a lâché quand elle a vu notre bateau. J'ai nagé sur 30 mètres pour la rejoindre car elle était trop fatiguée pour nager. Elle s'est accrochée à moi et le bateau m'a envoyé une bouée de sauvetage,» a raconté Libouna Selemani Matrafi, avant de recevoir la médaille d'honneur des mains du chef du gouvernement français «pour acte de courage».