Retour au calme à Firminy

VIOLENCES La famille de la victime appelle à l'annulation de la marche organisée samedi...

avec agence

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Carte de localisation de Firminy, du Chambon-Feugerolles et de La Ricamarie, près de Saint-Etienne (Loire), où des échauffourées ont eu lieu dans la nuit du 8 au 9 juillet 2009, après le suicide d'un jeune en garde à vue.
Carte de localisation de Firminy, du Chambon-Feugerolles et de La Ricamarie, près de Saint-Etienne (Loire), où des échauffourées ont eu lieu dans la nuit du 8 au 9 juillet 2009, après le suicide d'un jeune en garde à vue. — Idé

Le calme est revenu dans la nuit de vendredi à samedi à Firminy (Loire). Cette banlieue de Saint-Etienne a été marquée par trois nuits de violences après qu'un jeune habitant a été retrouvé pendu en garde-à-vue. Firminy a été le théâtre depuis mardi soir d'altercations entre jeunes et policiers, incitant le maire à réclamer la mise en place de dispositions sécuritaires «exceptionnelles» , et obtenant du ministère de l'Intérieur le maintien sur place de 200 policiers arrivés en renfort jusqu'au 14 juillet.

La famille craint les incidents

Alors qu'une marche était prévu, samedi, la famille de la victime, Mohamed Benmouna, a appelé samedi les organisateurs à l'annuler, par crainte d'incidents. «Il y a des risques. Dans tous les cas, la famille n’y participera pas», a déclaré à l'AFP Abdelkader Benmouna, le père de Mohamed. Cette marche d'environ cinq kilomètres était prévue samedi à partir de 14h au départ de l'immeuble de Firminy vers le commissariat du Chambon-Feugerolles (Loire), théâtre du drame. Des tracts invitant à y participer ont été distribués ces derniers jours à Firminy portant l'inscriptiob: «Mohamed est mort dans les locaux de la police... Pour que la vérité soit faite, une marche silencieuse est organisée. Mobilisons-nous pour connaître la vérité sur ce drame».

Abdelkader Benmouna, longuement reçu par le procureur de la République de Saint-Etienne Jacques Pin et les deux médecins légistes ayant procédé à l'autopsie, a dit «faire confiance à la justice pour que l’enquête aboutisse». «La famille a admis le principe du suicide» à la sortie de cette rencontre avec ces deux «spécialistes du suicide et des violences», a déclaré samedi Jacques Pin.

SOS racisme s'est rangé samedi matin du côté de la famille. «Compte tenu du contexte encore tendu, notre association estime que c’est une très mauvaise idée» que d'organiser cette marche, a déclaré Saïd Hamidi, secrétaire général de SOS Racisme pour la Loire.

Six arrestations

Dans le quartier populaire où vivait la victime, la pharmacie, la boulangerie, le salon de coiffure, la parfumerie, le café et le tabac, soit la totalité du petit centre commercial du quartier, avaient été incendiés dans la nuit de jeudi à vendredi, de même qu'une dizaine de véhicules. Et six jeunes avaient été interpellés. Dans la nuit de vendredi à samedi, la présence des forces de l'ordre était très visible, policiers, CRS et gendarmes mobiles procédant également à des contrôles de véhicules.

Le parquet de Saint-Etienne a ouvert vendredi soir une information judiciaire contre X pour «homicide involontaire», pour «inadaptation, négligence ou inobservation d'un règlement», afin d'établir s’il y a eu ou non un défaut de surveillance durant la garde à vue de Mohamed Benmouna.