Des scientifiques britanniques ont trouvé la recette du sperme

RECHERCHE Une équipe est parvenue à en créer à partir de cellules souches embryonnaires...

Julien Ménielle

— 

Une banque de sperme.
Une banque de sperme. — Florence Durand/SIPA

Fabriquer des spermatozoïdes pour faire face à la pénurie de donneurs. Ce qui semblait être de la science-fiction il y a encore peu est désormais à portée de main. Des scientifiques britanniques ont annoncé mercredi qu'ils avaient réussi à créer du sperme humain à partir de cellules souches embryonnaires.

Des spermatozoïdes non fécondants

Mais pour l'équipe de l'université de Newcastle et du NorthEast England Stem Cell Institute (NESCI), pas question d'imaginer féconder un ovule avec cette semence, puisque la législation britannique ne l'autorise pas. Plusieurs experts ont d'ailleurs déjà émis des doutes sur les chances de réussite d'une telle opération avec l'échantillon créé.

«Je ne suis pas convaincu d'après les données présentées (...) que les cellules produites par le groupe du professeur Nayernia à partir de cellules souches embryonnaires puissent correctement être appelées “spermatozoïdes»», a déclaré le Dr Allen Pacey, de l'université de Sheffield. Le professeur Samir Hamamah, spécialiste du CHU de Montpellier confirme à 20minutes.fr qu'«il ne s'agit sans doute pas de spermatozoïdes fécondants».

Des techniques encore plus prometteuses disponibles

«On sait déjà faire ça depuis quatre ou cinq ans chez les souris, raconte le chercheur, et des souriceaux sont même déjà nés et se portent bien». Mais gare à ne pas donner de faux espoirs: «Il faudra bien attendre 10 ou 15 ans avant d'envisager de féconder un ovule humain avec des spermatozoïdes créés en laboratoire.» Le spécialiste annonce même que des techniques encore plus prometteuses sont déjà disponibles.

«Il faut encore travailler sur la programmation des cellules, mais on pourra créer des spermatozoïdes à partir de cellules de votre peau». Le chercheur estime même que la science sera à terme capable de relancer la production de spermatozoïdes chez les hommes stériles. En ce sens, «l'expérience de Newcastle est une première étape chez l'humain». Mais pour le professeur Hamamah, il reste «un pas de géant» à franchir.