Après les grands mouvements de contestation, les sanctions tombent dans l'Education nationale

REFORMES Ce mardi, un enseignant «désobéisseur» a été convoqué en conseil de discipline, huit professeurs universitaires ont écopé d'une retenue de salaire de onze jours et un lycéen s'est vu refuser son inscription en Terminale pour avoir bloqué son lycée...

E.L. avec agence

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  — S. PAGANO / REPARTAGES

Avis de tempête dans l'Education nationale. Alors que les résultats du baccalauréat sont tombés ce mardi, les sanctions ont plu toute la journée sur ceux qui s'étaient mobilisés pendant l'année contre les projets de réformes de Xavier Darcos et de Valérie Pécresse.

Retenues de salaire pour rétention de notes

Dernière sanction en date, celle de huit professeurs de l'université de Lille II, qui ont écopé de onze jours de salaire en moins pour «service non rendu». Membres du collectif des enseignants de la faculté des sciences juridiques politiques et sociales de Lille II, ils avaient fait de la rétention de notes au premier semestre afin de protester contre les projets de réforme universitaire du gouvernement.

Le président de Lille II, Christian Sergheraert, avait envoyé un courrier début avril prévenant qu'il y aurait des retenues de salaire à partir du 20 avril si les notes du premier semestre n'étaient pas envoyées à l'administration. Les notes ayant été remontées le 12 juin, il a décidé de retenir les onze jours du mois d'avril sur le salaire du mois de juin des professeurs concernés. Le collectif des enseignants de Lille II a décidé de déposer des recours en annulation de cette mesure au tribunal administratif de Lille.

Cette sanction s'ajoute au passage en conseil de discipline d'un enseignant «désobéisseur». Erwan Redon, professeur des écoles et membre du mouvement des «désobéisseurs», était convoqué ce mardi devant une commission disciplinaire de l'inspection académique des Bouches-du-Rhône pour avoir refusé d'appliquer la réforme du primaire. Finalement, son cas sera jugé au mois d'août. Il ne doit ce report qu'à une «maladresse» selon Gérard Trève, inspecteur de l'Académie de Marseille. En effet, l'enseignant marseillais était convoqué pour «insuffisance professionnelle», ce «qui ne peut se traduire que par un licenciement». Or, la sanction ne devrait pas être aussi sévère.

Inscription en terminale sous condition

Autre «désobéisseur», Alain Refalo est convoqué jeudi en conseil de discipline à Toulouse pour refus d'obéissance, incitation à la désobéissance collective et manquement au devoir de réserve. Ce professeur des écoles aurait également refusé d'appliquer la réforme du primaire. Dans une lettre ouverte à l'inspecteur d'académie de Haute-Garonne Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU (fédération syndicale unitaire), a demandé à ce qu'«aucune sanction ne soit prise» contre lui, rappelant que «la liberté d'opinion est garantie aux fonctionnaires». Les «désobéisseurs» se sont donné rendez-vous jeudi lors d'un rassemblement de soutien qui sera organisé devant l'inspection académique à Toulouse.

Les enseignants ne sont pas les seuls visés. Un lycéen parisien s'est vu récemment refuser son inscription en terminale pour avoir bloqué son lycée à plusieurs reprises durant l'année scolaire. Son proviseur exige qu'il s'engage, en signant un document, à ne plus bloquer son établissement. Les syndicats lycéens sont divisés sur le sujet, l'UNL (première organisation lycéenne) estimant que «la volonté d'expression ne devait pas être sacrifiée sur l'autel de l'autoritarisme réactionnaire de certains proviseurs», alors que Réformons nos lycées a appelé le gouvernement à soutenir le proviseur et le parlement à «réfléchir à une loi contre l'obstruction du service public».