Le PS veut s'extirper de la mêlée

Maud Noyon

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Ressouder l'équipe en attendant l'échéance de 2012. Le Parti socialiste se délocalise aujourd'hui à Marcoussis (Essonne) pour un séminaire propice au « travail collectif ». Sur les terres du XV de France, il s'agit pour le parti de Martine Aubry de se préparer « mentalement, moralement et idéologiquement » à lancer un « projet de société » en vue des présidentielles de 2012. Un brainstorming « en décalage et en rupture », histoire de se démarquer du « désert démocratique » ambiant.

« Nos habitudes, c'était de l'expertise managée par des politiques [...]. Là, on organise un dialogue entre la société française, le PS, des intellectuels... dans des conditions sans précédent dans sa forme et sa méthode », explique le député Christian Paul, qui insiste sur « le travail de fond » à mener. « A chaque étape, on va donner la parole aux citoyens », indispensable pour réfléchir sur la cohésion sociale ou encore l'avenir des jeunes et la précarité. Les interventions de militants, appelés à débattre par mail, seront également prises en compte. Pour l'instant, elles se résument à une « interpellation : "Donnez-nous de bonnes armes contre le blues." » « Tout ne va pas se décider et tout ne sera pas organisé pour les mois qui viennent à Marcoussis », tempère le secrétaire national, Razzy Hammadi. Mais il faut « dire à une équipe : "Vous êtes condamnés à réussir." C'est entre le séminaire kick off [coup d'envoi] et la planification stratégique. » Une façon aussi de mettre sur la touche les « voix discordantes ». Et d'intégrer quelques piliers, tels Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius, invités demain au camp d'entraînement. Sans placages ni passes d'armes, d'habitude au programme. W