Une Française en prison à Téhéran

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Une universitaire française dans les geôles du pouvoir iranien. Depuis six jours, une jeune femme est en détention à Téhéran sous le chef d'inculpation d'espionnage. Elle a été arrêtée le 1er juillet à l'aéroport alors qu'elle s'apprêtait à quitter l'Iran « après y avoir résidé pendant cinq mois ». Elle est détenue à la prison d'Evine, dans la capitale. « Nous appelons les autorités iraniennes à libérer immédiatement notre compatriote et à l'autoriser à quitter l'Iran pour la France », a déclaré à Paris le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui précise que « le chef d'inculpation d'espionnage avancé par les autorités iraniennes ne résiste pas à l'examen ». Selon une source diplomatique, il est reproché à la Française, lectrice à l'université d'Ispahan dans le centre du pays, d'avoir participé à des manifestations après la réélection du président Ahmadinejad. Plus précisément, l'accusation d'espionnage repose sur l'envoi d'un courriel privé qu'elle avait adressé à un ami à Téhéran pour lui décrire de la situation à Ispahan.

« La France a informé ses partenaires européens à ce sujet et en appelle à la solidarité de tous les Européens », a déclaré le Quai d'Orsay, précisant que l'ambassadeur d'Iran à Paris a été convoqué. Depuis la présidentielle du 12 juin et les manifestations qui ont suivi, l'Iran a durci le ton face à l'Occident, accusé d'avoir soutenu la contestation. En réponse, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a lancé hier un avertissement à l'Iran, affirmant que les Européens étaient prêts à prendre des mesures « ensemble ». En réponse aux dispositions prises contre l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran, Brown avait annoncé l'expulsion de deux diplomates iraniens de Londres. Une mesure extrême que pourrait mettre en avant Paris face au cas de cette « otage » française de la répression. W