Le psychiatre accusé de viols condamné à douze ans de prison

Avec agence

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Daniel Cosculluela, psychiatre à Bergerac, nie les accusations de viols portées contre lui par quatre patientes.
Daniel Cosculluela, psychiatre à Bergerac, nie les accusations de viols portées contre lui par quatre patientes. — SAURA PASCAL/SIPA

Il comparaissait libre. Le psychiatre de Bergerac accusé de viols par quatre de ses anciennes patientes a été condamné samedi par la cour d'assises de la Dordogne à une peine de 12 ans de réclusion criminelle assortie d'une interdiction définitive d'exercer.

Les jurés ont reconnu que les quatre plaignantes, qui avaient porté plainte pour des faits remontant à une période entre 1989 et 1996, ont été violées mais n'ont accordé la circonstance aggravante de «vulnérabilité» que pour l'une d'entre elles.

«Violeur en série»

Un mandat de dépôt a été délivré à l'audience contre Daniel Cosculluela, âgé de 52 ans. A l'énoncé du verdict, ce dernier est resté impassible.

Les jurés n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocat général, Jean-Luc Gadaud, qui avait demandé 15 ans de réclusion car pour lui il ne faisait aucun doute que le Daniel Cosculluela était coupable de viols sur personnes vulnérables. Il a présenté l'accusé comme «un violeur en série», quelqu'un de «dangereux». «Il faut l'empêcher de nuire», a-t-il notamment dit en conclusion de son réquisitoire.

«Relations non protégées»

Reprenant méthodiquement les témoignages des victimes et des experts, Jean-Luc Gadaud s'est attaché a démontrer qu'il y avait eu viols, «par surprise pour toutes les premières fois», le praticien utilisant selon lui «l'hypnose» et l'ascendant que lui donnait «la situation thérapeutique».

Le ministère public a enfin fustigé «le médecin qui avait des relations non protégées», un point confirmé par les plaignantes et ses différentes compagnes.

La défense va faire appel

Les deux avocats de la défense n'ont pas réussi à faire naître le doute chez les jurés. Patrick Maisonneuve a estimé que «l'avocat général a construit de façon artificielle l'image d'un médecin violeur prédateur» sans «la moindre preuve». Benoît Ducos-Ader, le second avocat de la défense, a quant à lui insisté sur «la personnalité atypique» du psychiatre de Bergerac, engagé dans de multiples associations, partenaire dans une maison d'édition et ayant racheté à une époque le titre de presse Hara-Kiri.

Les avocats de la défense ont annoncé qu'ils allaient faire appel de cette décision et qu'ils feraient ultérieurement une demande de remise en liberté de leur client.