Hénin-Beaumont: «Les politiciens des deux bords ont eu droit à un carton jaune»

REVUE DE PRESSE Pour les quotidiens français, il serait une erreur d'enterrer le FN trop vite...

Avec agence

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Daniel Duquenne est félicité par les militants sur les marches de son local de campagne après le second tour des elections municipales, le 05 Juillet 2009 à Hénin-Beaumont.
Daniel Duquenne est félicité par les militants sur les marches de son local de campagne après le second tour des elections municipales, le 05 Juillet 2009 à Hénin-Beaumont. — AFP

«Avertissement» ou «carton jaune»? si le FN a échoué à ravir la mairie d'Hénin-Beaumont à la gauche, la presse française rappelle ce lundi qu'il n'a pas dit son dernier mot, et analyse sa prestation (47,6% des voix) comme un désaveu pour les partis de gouvernement, PS en premier.

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«Il serait une erreur», souligne Fabrice Rousselot dans «Libération», «de ne pas voir dans le bon score du FN comme un avertissement». Alors que se profilent les régionales de 2010, il avertit contre un appareil frontiste capable de «séduire les classes populaires dans le contexte actuel de crise économique et sociale» et de «prospérer sur le terrain d'une gauche absente».

Dans «Le Figaro», Paul-Henri du Limbert veut surtout retenir que «les thèses lepénistes ont une majorité contre elles», mais note également «l'erreur» qui consisterait à penser qu'«on en a fini définitivement avec» le FN.

Le PS n'en sort «pas grandi»

La presse régionale relève aussi la ténacité de la formation d'extrême droite, et se montre peu tendre avec le Parti socialiste -auquel appartenait le maire sortant Gérard Dalongeville, mis en examen pour corruption- et son actuelle première secrétaire.

«Le PS ne sort pas grandi de cette partielle provoquée, rappelons-le, par la révocation et l'incarcération de son maire», écrit Patrick Fluckiger dans «L'Alsace». Au-delà de cette réprimande, «les politiciens des deux bords ont eu droit à un carton jaune», car "le FN a été enterré trop vite".

«Le "cadavre" du FN bouge encore», confirme Dominique Garaud dans «La Charente Libre», pour qui «Marine Le Pen n'a certainement pas dit son dernier mot pour le transformer en un parti plus présentable, à l'image des formations italiennes extrémistes devenues indispensables aux dernières coalitions gouvernementales de droite».

Martine Aubry «tenue à l'écart dans son propre fief»


Pour Patrice Chabanet du «Journal de la Haute-Marne», le Front républicain qui a fait barrage au FN «n'a pas de quoi pavoiser, surtout du côté du PS». «Pas de gloire à tirer au PS de la catastrophe d'Hénin-Beaumont, évitée de justesse», renchérit Xavier Panon dans «La Montagne», notant que Martine Aubry a été «tenue à l'écart dans son propre fief».

«La première secrétaire du PS, elle, n'en sort pas grandie», estime également Jean-Michel Helvig dans «La République des Pyrénées». Si le FN l'avait emporté, le PS n'aurait pu «s'en prendre à d'autres que lui-même», coupable d'avoir «perpétu(é) des pratiques clientélistes et bureaucratiques sources de pires dérives» dans le Pas-de-Calais, estime-t-il.

Dans «L'Union», Jean-Michel François stigmatise également l'absence de Mme Aubry et estime que le PS doit «crever l'abcès» avec «un accord sur son candidat à la présidentielle».