Sur la piste des boîtes noires

Bertrand Tang (avec AFP)

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« Les enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses ont détecté le signal des balises des enregistreurs de bord. » L'information a été révélée hier par l'enquêteur principal comorien, Ali Abdou Mohamed. L'A310 de Yemenia, qui s'est abîmé au large des Comores, dans la nuit du 29 au 30 juin, transportait 153 personnes, dont une seule a survécu.

De son côté, le directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie, Abdou Saïd Madi, a estimé que l'épave devait se trouver « dans les 500 ou 600 m de profondeur », ce qui laisse penser qu'un sous-marin sera nécessaire pour accéder à l'épave. « Nous demandons aux pays étrangers de venir nous aider à faire sortir l'avion de la mer », a-t-il ajouté. Selon Robert Galan, pilote et expert auprès des tribunaux français, l'analyse des boîtes noires permet dans 90 % des cas de déterminer les causes d'un accident. Et peut-être, d'apaiser la colère de la communauté comorienne de France - environ 130 000 personnes dans l'Hexagone - qui dénonce les « vols poubelles ». Hier à Paris, et samedi à Marseille, plusieurs milliers de personnes ont défilé silencieusement pour rendre hommage aux victimes. Selon Faouzio Haamada, organisateur de la manifestation parisienne et animateur du Mouvement des jeunes Français d'origine comorienne, ces rassemblements cherchent à faire interdire les vols de Yemenia à destination de l'archipel par le gouvernement comorien. De son côté, la compagnie a finalement renoncé samedi à suspendre le trafic à destination de Moroni, via Sanaa, la capitale du Yémen, en maintenant ses vols réguliers, mais en supprimant les liaisons additionnelles. W