L'extrême droite vacille à Hénin-Beaumont

Vincent Vantighem et Gabriel Thierry, à Hénin-Beaumont

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Marine Le Pen pensait que le résultat se jouerait à « touche-touche ». Finalement, Daniel Duquenne, le candidat (DVG) du Front républicain (52,38 % des voix) a remporté, hier, la mairie d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) avec une avance de 500 voix sur Steeve Briois, le candidat du Front national (47,62 % des voix). Encouragés par une large frange allant de Dany Boon à Xavier Bertrand en passant par l'extrême gauche, les habitants d'Hénin-Beaumont ne se sont pas démobilisés entre les deux tours pour faire barrage au Front national. La participation atteint 62,38 % des inscrits.

Cornes de brume à la main, ils étaient d'ailleurs très nombreux, hier soir dans la salle des fêtes, à saluer l'annonce des résultats. A tel point que le maire fraîchement élu a dû entrer dans le bâtiment par la porte de derrière. « C'est un instant magnifique. Nous avons su redonner à Hénin-Beaumont son esprit républicain. Demain commence aujourd'hui », a-t-il lâché avant de préciser que sa première tâche serait d'appliquer les préconisations de la chambre régionale des comptes. Martine Aubry, Henri Guaino ou Marie-George Buffet : tous les ténors politiques ont salué l'issue de ce scrutin.

Quant aux militants FN retranchés dans leur local de campagne sous étroite surveillance policière, ils ont annoncé qu'ils allaient contester demain le résultat du vote pour « pressions sur les électeurs ». « Daniel Duquenne a usé de l'injure et de la diffamation dans ses tracts, a expliqué Marine Le Pen. Nous avons 1 000 voix de plus qu'au premier tour. La prochaine fois, ce sera la bonne. » Pas sûr. Alors qu'elle comptait sur ce scrutin pour capitaliser à un an des élections régionales et du changement de président au FN, elle va devoir revoir ses ambitions à la baisse.

Quant à Daniel Duquenne, qui avait imposé sa liste entre les deux tours, le chemin ne sera pas moins tortueux. Il devra désormais sortir la ville du gouffre financier dans l'espoir de lui redonner des couleurs. Seule certitude, ce ne sera pas le rose. Le nouveau maire a déjà prévenu : « Je ne prendrai pas ma carte au PS ! » W