Un accident «invraisemblable» et «jamais vu»

ACCIDENT Le train qui a déraillé assurait la liaison Limoges-Cahors avec 450 passagers à son bord...

20minutes.fr

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Image du train qui a déraillé après avoir heurté une remorque chargée de balles de foin accidentellement tombée sur la voie au niveau de la commune de Boisseuil, près de Limoges.
Image du train qui a déraillé après avoir heurté une remorque chargée de balles de foin accidentellement tombée sur la voie au niveau de la commune de Boisseuil, près de Limoges. — P. LACHENAUD/AFP

Selon le bilan définitif de la préfecture de la Haute-Vienne, treize personnes ont été blessées, dont deux très gravement, dans le déraillement d'un train qui assurait la liaison entre Paris et Cahors.

La locomotive et deux voitures ont déraillé après que ce train a heurté une remorque chargée de foin qui est tombée par accident sur la voie au niveau de la commune de Boisseuil, à une quinzaine de kilomètres au sud de Limoges. Le train Corail, qui assurait la liaison entre Paris et Cahors, sur la ligne Paris-Toulouse, avec environ 450 passagers à son bord, avait quitté la gare de Limoges à 20H30 et le choc s'est produit vers 20H45, selon la SNCF. Le train avait pris le départ de la gare d'Austerlitz à Paris à 17H32 et était attendu à Cahors à 22H39. La SNCF a mobilisé plusieurs autocars pour permettre d'acheminer les passagers vers Brive et Cahors.

Entre la vie et la mort

Samedi en milieu de matinée, un homme de 42 ans était toujours entre la vie et la mort et deux autres, moins gravement blessées, étaient encore hospitalisées au CHU de Limoges. L'homme le plus gravement blessé, victime de «polytraumatismes» et dont «l'enjeu vital n'est toujours pas écarté», était en réanimation après avoir été opéré en neuro-chirurgie dans la nuit, a indiqué une responsable du CHU de Limoges.

L'état de santé d'une femme de 48 ans, également considérée comme «très gravement» blessée vendredi soir, était quant à lui «stabilisé» alors qu'une troisième victime, souffrant d'une fracture de la mâchoire, était opérée samedi matin, selon la même source.

Deux des cinq personnes, légèrement blessées, hospitalisées après l'accident de train avaient en revanche déjà pu quitter l'hopital.

Du jamais vu

«C'est un accident absolument invraisemblable puisque la charrette de foin qui est venue tomber entre la locomotive qui tirait le train et la première voiture de ce train Paris-Cahors a semble-t-il dévalé plus de 600 mètres», a expliqué samedi le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, sur LCI. Cette remorque «a roulé tranquillement sur 600 mètres, évité un petit bois, défoncé un grillage et est venue se mettre à l'à-pic du train (...) C'est absurde mais ça entraîne que la charrette tombe sur le train et donc évidemment un gros choc et des blessés graves».

Selon le procureur de la République de Limoges, un agriculteur chargeait des balles de foin dans la remorque, pourtant calée, quand celle-ci se serait mise à dévaler sur plusieurs centaines de mètres la forte pente menant aux voies.

«En vingt ans de SNCF, je n'ai jamais vu un accident de cette nature», a affirmé Guillaume Pepy, le président de la SNCF.

Enquête

«J'étais dans la deuxième voiture. Seule la première a été littéralement éventrée par l'essieu de la remorque agricole», a raconté l'une des passagères, Jennifer Guibert, 24 ans. «On a tous été secoués mais les gens sont sortis dans le calme», a-t-elle ajouté. Selon un photographe de l'AFP sur place, les voitures ayant déraillé ne se sont pas couchées sous le choc, qui a eu lieu dans un endroit encaissé.

Une enquête judiciaire a immédiatement été ouverte et l'agriculteur propriétaire de la remorque a été entendu par les gendarmes, ont indiqué ces derniers. «Il faudra que l'enquête établisse pourquoi cette remorque de foin qui était stationnée dans un champ a dérivé pendant plusieurs centaines de mètres avant d'aller chuter sur la voie au moment où le train passait», a repris Guillaume Pepy.

L'agriculteur prévient la gendarmerie, trop tard

D'après les premiers éléments de l'enquête, sa remorque «a dévalé la pente s'est retrouvée sur la voie». «L'agriculteur nous a prévenus (...) mais on n'a pas eu le temps de prévenir le train qui a alors heurté la remorque et l'a traînée sur quelques centaines de mètres», a expliqué le colonel Eric Langlois, de la gendarmerie de la Haute-Vienne.

Dans la nuit, environ 150 techniciens de la SNCF étaient mobilisés pour commencer à réparer les dégâts occasionnés par l'accident sur les caténaires et préparer la remise du train sur les voies, a indiqué la SNCF. La circulation devait être encore perturbée samedi, pour le premier week-end des congés scolaires d'été.