Des familles font leur devoir de vacances

Maud Noyon

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En France, un enfant sur trois n'a pas la chance de partir en vacances. Souvent à cause d'une situation familiale compliquée, sans argent ou sans congés. Pour permettre aux plus jeunes de gambader dans la campagne ou de mettre les pieds dans l'eau, des familles se proposent de les accueillir bénévolement.

« On a amené les filles à la mer, elles ne l'avaient jamais vue avant. Pareil pour la montagne », raconte Françoise Vincent, qui reçoit à Toulouse (Haute-Garonne), depuis plusieurs années, Marine, 11 ans, et sa soeur Domitia, 8 ans, via le Secours catholique. « Ce n'est pas toujours facile et il faut être très disponible, reconnaît la maman de quatre grands garçons. Mais quand on a pris la décision, c'est une histoire d'amour » avec celles qu'elle considère comme « faisant partie de la famille ». « Parfois, les parents qui accueillent ne sont eux-mêmes jamais partis en vacances, détaille Dominique Desarthe, du Secours populaire. Ils se disent qu'ils ont beaucoup de chance et qu'il faut en faire profiter des enfants. » Et face à la réticence de certains, elle rassure : « On parle seulement d'un temps de vacances (trois semaines, voire un mois), l'engagement ne dure pas plus longtemps. Mais les "familles de vacances" et les enfants gardent souvent le contact. » Ce lien avec un environnement nouveau permet de faire une pause et de se reconstruire. « Marine est plus ouverte. Elle a quelques difficultés scolaires, mais elle a fait d'énormes efforts, notamment sur la lecture », raconte Françoise, qui s'apprête à accueillir de nouveau la petite fille chez elle. W