L'avion n'a pas été détruit en vol

Bertrand Tang

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De nombreux débris de l'appareil ont été retrouvés dans l'océan Atlantique.
De nombreux débris de l'appareil ont été retrouvés dans l'océan Atlantique. — BRAZILIAN AIR FORCE / SIPA

Les investigations continuent, mais le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a tenu hier à faire un premier point sur l'accident du vol Air France disparu le 1er juin entre Rio et Paris. Selon Alain Bouillard, responsable de l'enquête au BEA, « l'avion n'a pas été détruit en vol » et a « heurté la surface de l'eau en ligne de vol, avec une forte accélération verticale ». Le fait que la dérive soit toujours fixée à la structure de l'avion et qu'elle ait été retrouvée au milieu des autres débris confirmerait qu'elle n'a pas cassé en vol. Ainsi, toutes les étagères sont descendues au fond du galley, le meuble où sont rangés les plateaux-repas, ce qui laisse à penser qu'il a subi une accélération verticale. Aucun gilet de sauvetage gonflé n'a été retrouvé.

Cela « montre que visiblement, les passagers n'étaient pas préparés à un amerrissage », a analysé Alain Bouil­lard. Le BEA, qui a relevé dès le début de l'enquête des « incohérences » dans les vitesses mesurées, affirme toutefois que rien ne permet de rendre directement responsables les sondes Pitot, qui mesurent la vitesse en vol. Les enquêteurs ont pointé la communication défaillante entre les centres de contrôle aérien brésilien et sénégalais, en charge de l'avion, qui a certainement retardé d'une à deux heures le déclenchement des recherches. L'organisme d'enquête a indiqué qu'il n'avait toujours « aucune information sur le résultat des autopsies » pratiquées au Brésil sur les corps retrouvés. Le BEA va poursuivre ses recherches sur les boîtes noires jusqu'au 10 juillet. W