Affaire Clavier: 500 euros d'amende pour les nationalistes corses

JUSTICE La cour d'appel vient de rendre le verdict...

(Avec agence)
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Le procès s'est déroulé en l'absence des prévenus et de leurs avocats qui entendaient par la politique de la chaise vide protester contre la "militarisation d'un tribunal transformé en bunker", et le caractère "excessif" du déploiement de policiers à l'entrée du palais de justice.
Le procès s'est déroulé en l'absence des prévenus et de leurs avocats qui entendaient par la politique de la chaise vide protester contre la "militarisation d'un tribunal transformé en bunker", et le caractère "excessif" du déploiement de policiers à l'entrée du palais de justice. — Stephan Agostini AFP/Archives

Les dix nationalistes corses qui étaient entrés dans le jardin de la maison de l'acteur Christian Clavier en août 2008 viennent d'être condamnés à 500 euros d'amende chacun.


Les trois élus indépendantistes à l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, Rosa Prosperi et Véronique Sciaretti - les deux premiers sont avocats - figurent sur la liste des personnes condamnées.


Un «non événement»

A l'audience, l'avocat général, Pierre-Yves Radiguet avait requis 1.500 euros d'amende contre les militants, trois fois le montant obtenu par le ministère public en première instance. Les avocats des militants avaient plaidé la relaxe et qualifié de «non événement» leur entrée dans la propriété de l'acteur français. Ils avaient aussi réfuté toutes «menaces, violences ou pression psychologiques» à l'encontre des employés, et rejeté l'accusation d'effraction.

En première instance en novembre, le tribunal correctionnel d'Ajaccio les avait condamnés à 500 euros d'amende chacun. Le parquet en avait réclamé 2.000. Il avait fait appel, comme les dix condamnés qui encouraient un an de prison et 15.000 euros d'amende pour «violation de domicile».

Lutte contre la spéculation immobilière

Le 30 août 2008, après un rassemblement devant la mairie de Porto-Vecchio pour protester contre la spéculation immobilière, favorisée, selon eux, par certains élus UMP et dopée par l'installation de «people» dans l'île, les nationalistes s'étaient rendus sur la propriété de l'acteur, dans le lotissement de Cala d'Oro. Ils y étaient restés environ une heure.

L'occupation du jardin de l'acteur, ami du président de la République Nicolas Sarkozy, avait coûté son poste au patron des forces de sécurité intérieure, Dominique Rossi, soudainement muté par le ministère de l'Intérieur. Les forces de sécurité intérieure de Corse ont confirmé mercredi à l'AFP que la villa de Christian Clavier bénéficiait toujours de la surveillance des gardes-mobiles.