Avec son Labo, le PS cherche la bonne formule

Maud Noyon

— 

Oubliées les rivalités, les socialistes veulent se retrouver autour d'une idéologie commune.
Oubliées les rivalités, les socialistes veulent se retrouver autour d'une idéologie commune. — FACELLY / SIPA

« Notre pays a besoin d'une opposition, la gauche a besoin d'un projet. » Le ton du « Lab » est donné. Avant que la messe du Parti socialiste ne soit dite, le « Laboratoire des idées » se mobilise pour lui redonner du souffle et des couleurs. Chacun est prié de laisser au vestiaire ses tendances et sa famille politique. Afin de renouer avec un monde des idées longtemps négligé, au prix de rendez-vous présidentiels manqués. Car l'objectif visé par les microscopes du « Lab » est clairement 2012, avec comme mot d'ordre « Gagner la bataille des idées, c'est gagner la bataille politique ».

« Le PS est devenu une machine à broyer les idées neuves. Il fallait inventer des manières nouvelles de penser la société », explique le député Christian Paul, responsable de la structure. Avec le soutien de Martine Aubry, mais sans lui être soumis, une douzaine de petits groupes de réflexion formés de militants, d'élus et de personnalités de la société civile débattent depuis six mois. Dans la tranquillité, à l'écoute du reste de la gauche, et des grandes tendances (après-crise, villes globales, famille...) plutôt que de petites querelles internes.

« Il n'y a plus d'articulation entre le monde politique et le monde des idées. Il faut faire quelque chose, le PS est au pied du mur », explique le sociologue Michel Wieviorka, qui anime le groupe « Liberté, égalité et diversité ». Comme l'explique Rémi Lefebvre, politologue et spécialiste du PS, les « experts » « veulent qu'on les entende au PS, qu'on ne les caricature pas dans le seul but de les utiliser politiquement », prévient-il. Le « Lab » a lancé des mini-répliques dans les fédérations et anime aussi un réseau d'« innovateurs du quotidien », des spécialistes qui proposent « des solutions de terrain qui marchent ». « Le "Lab" a un rôle de découvreur de talents, mais sans être la "Star Academy" de la gauche », plaisante Christian Paul. Pour que le « Lab » vive avec son époque, le député veut innover sur la mise en forme des idées. « Pas seulement un rapport, mais plutôt des films, des images », qui pourront être présentés dès cet été. Histoire de débattre encore. « Nous n'avons pas vocation à produire la doctrine du PS. Nous sommes plutôt un aiguillon. » Un aiguillon qui devra renforcer ses soutiens politiques afin d'éviter la noyade au milieu des courants du PS. W