L'école à nouveau amputée

Laure de Charette

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Une enseignante dans sa classe.
Une enseignante dans sa classe. — F. DURAND / SIPA

« C'est comme une maladie à laquelle on s'habitue. » Gérard Aschieri, de la FSU, syndicat majoritaire dans l'éducation, n'hésitait pas à comparer hier, dans un élan de fatalisme, les suppressions de postes - 16 000 en 2010, annoncées mercredi - comme un mal devenu rituel. La coupe prévue sera pourtant deux fois plus importante qu'en 2007 (8 700 postes supprimés).

Selon le ministère de l'Education, confié à Luc Chatel, la quasi-totalité des postes concernés sont ceux de fonctionnaires stagiaires en IUFM, des instituts amenés à disparaître dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants. « Mais ils assurent huit heures de cours par semaine, ils vont manquer », s'insurge Frédéric Rolet, du Snes, qui imagine déjà « des classes surchargées et des options fermées ». Pas sûr : ces 16 000 postes représentent seulement 1,6 % de l'effectif global. En ces temps de compression budgétaire, intensifiée avec la crise, de nombreuses administrations ont connu le même sort. Mais les syndicats sont furieux. « C'est un cadeau peu ragoûtant que Xavier Darcos laisse à son successeur, poursuit Gérard Aschieri. A croire qu'ils ne veulent pas investir dans l'éducation. » Certains craignent aussi que Luc Chatel, ex-chef de produit chez L'Oréal, applique des méthodes d'entreprise privée au sein du « mammouth ».

Une mobilisation d'ampleur est-elle pour autant possible ? Il est encore un peu tôt pour le dire. Les forces syndicales ont prévu de se réunir début juillet, pour réfléchir au degré d'agitation à créer à la rentrée. En 2008, la « saignée » avait jeté dans la rue des milliers d'enseignants, lycéens et parents d'élèves, notamment en avril. W