Le succès de l'emprunt d'EDF de bon augure pour le grand emprunt national?

FINANCES Alors que l'entreprise d'électricité a réussi à lever 2 milliards d’euros, l'Etat doit encore définir les modalités de son emprunt...

Oriane Raffin

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Des billets de 500 euros.
Des billets de 500 euros. — Photo Flickr CC/ By 1Suisse

On l’a appris mercredi soir: l’emprunt EDF lancé le 17 juin est un succès. Selon «Investir.fr», l’entreprise aurait déjà réussi à lever plus de 2 milliards d’euros, alors que son objectif était d’atteindre un milliard d’ici le 10 juillet. 

Une réussite pour l’entreprise qui n’est pas surprenante, note Alexander Law, économiste du groupe Xerfi. «D’une part, la rémunération du livret A a beaucoup baissé et est bien moins attractive (ndlr: 1,75%pour le livret A depuis le 1er mai 2009 contre 4,5% pour EDF). Les Français ont donc cherché d’autres placements, plus intéressants. D’autre part, EDF est une belle machine, qui ne fera pas faillite et dans laquelle les Français ont confiance. C’est un investissement sûr, donc, par rapport au marché classique: il ne faut pas oublier que le CAC a beaucoup baissé ces derniers temps, l’immobilier aussi, tout comme les rémunérations des assurances-vie.»

De bon augure pour le grand emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy

Lors de son discours devant le Congrès, réuni à Versailles, le président de la République a annoncé son intention de lever un grand emprunt national, confirmé ce mercredi par François Fillon, qui veut «associer la Nation à l’effort». La réussite d’EDF semble donc de bon augure pour les plans du gouvernement...

«Si EDF inspire confiance, l’Etat encore plus, car la France, ce n’est pas l’Islande et on imagine mal qu’elle fasse faillite!» note Alexander Law.

Mais le montant nécessaire pour l’Etat ne sera pas le même... «Pour l’Etat, deux milliards, ce n’est rien», souligne l’expert. Et tout l’enjeu est là. Selon «Le Monde», un chiffre de 80 à 100 milliards a été évoqué. Mais si les Français ont une capacité d’épargne importante (près de 16% du revenu disponible brut), il n’est pas certain que cela suffise.

Pour le moment, les ministres réfléchissent encore à la possibilité de mettre en place un financement mixte: particuliers et marchés financiers. «Toutes les options sont sur la table» a déclaré ce jeudi sur RTL Henri Guaino, conseiller spécial à l’Elysée.

Restera à définir le taux de rémunération et la cessibilité. Il n’est pas certain que l’Etat puisse s’engager sur un taux semblable à celui d’EDF. D’autant, prévient Alexander Law, qu’«il faudra ne pas être trop ambitieux et ne pas oublier qu’il faudra rembourser l’emprunt dans 5 à 10 ans, et payer les rémunérations d’ici là…».