Synthèse des états généraux de l'outre-mer cet automne

POLITIQUE Nicolas Sarkozy devait ouvrir la grande consultation sur place, c'est pour la clôturer qu'il se rend aux Antilles...

Julien Ménielle

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Le lancement des états généraux de l'outre-mer dans l'Hexagone, à Paris, le 22 avril 2009.
Le lancement des états généraux de l'outre-mer dans l'Hexagone, à Paris, le 22 avril 2009. — MEIGNEUX/SIPA

Après la crise qui a secoué l'outre-mer l'hiver dernier, Nicolas Sarkozy avait invité chacun à «un débat sans tabou». En avril, des états généraux étaient lancés, ouverts à tous, particulièrement aux Français vivant outre-mer et aux ultramarins résidant en Métropole.

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Au programme: des tables rondes et ateliers dans chaque territoire, et des consultations par Internet autour de huit axes de travail (voir encadré). Le tout coordonné par Richard Samuel, préfet originaire de Guadeloupe, affecté en mars dernier à cette fonction.

Un vaste plan de modernisation en octobre

Nicolas Sarkozy se rend ce jeudi en Martinique, avant de rallier vendredi la Guadeloupe, pour clôturer les consultations. A la Réunion, cependant, des réunions sont prévues jusqu'à fin juillet. Et en Polynésie, ce n'est qu'à la fin du mois de septembre que le rapport des ateliers locaux sera rendu.

La synthèse nationale sera pourtant organisée dès le mois de septembre à Paris, et un Conseil interministériel se tiendra en octobre sous l'égide de Nicolas Sarkozy, afin de mettre en place «les premières décisions d’un vaste plan de modernisation de l’outre-mer».

Une participation crescendo

De l'aveu même d'Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’outre-mer jusqu’à mercredi, les Etats généraux avaient «démarré avec un moteur diesel». Quelques jours avant de céder son poste, il affirmait que les consultations étaient désormais «un succès populaire».

Yves Jégo a avancé le chiffre de 10.000 participants aux réunions, et de 80.000 visites pour le site Web, qui aurait recueilli plus de 6.000 contributions en ligne. En Guadeloupe, pourtant, il se dit que les états généraux rencontrent un succès mitigé, et qu'il suffirait de pas grand chose pour remettre le feu aux poudres.

A chaque territoire ses préoccupations

Elie Domota, leader du LKP qui avait mené la fronde en janvier dernier, a même affirmé à «20 Minutes» qu'«on frôle toujours le chaos social» aux Antilles. Les états généraux, lui, il les a boycottés.

Cela n'empêche pas les territoires ultramarins d'exprimer leurs demandes. La Martinique et la Guyane réclament plus d'autonomie, selon «Le Monde» daté de vendredi. A la Réunion, en recherche de projets, la mer est au centre des préoccupations. Du côté de Mayotte, on espère un effort au niveau des équipements tandis que dans l'Hexagone, on s'inquiète des discriminations subies par les populations ultramarines.

Les axes de travail des Etats généraux de l'outre-mer
Comment faire baisser les prix?
Comment limiter les importations et augmenter la production locale?
Quels projets structurants pour l'avenir de chaque territoire?
Comment favoriser le dialogue social et l'accès à la formation professionnelle?
Comment mieux organiser la gestion des collectivités et de l'Etat?
Quelle relation faut-il développer avec les voisins de chaque territoire d'Outre-Mer?
Comment améliorer l'insertion des jeunes et garantir l'égalité des chances?
Quel travail faut-il accomplir pour réconcilier la mémoire, la culture et l'identité?