Les mal-logés perdent leur portefeuille

Laure de Charette

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Benoist Apparu participe pour la première fois à un gouvernement.
Benoist Apparu participe pour la première fois à un gouvernement. — HADJ / STEVENS / VILLARD / SIPA

A l'heure où un portefeuille de l'Espace rural est créé, celui du Logement, pourtant central, disparaît. Le ministère de plein exercice dont Christine Boutin était titulaire jusqu'à mardi est en effet remplacé par un secrétariat d'Etat au Logement et à l'Urbanisme, forcément plus modeste, puisque placé sous la tutelle d'un tiers. Les associations de mal-logés sont furieuses. Pour Patrick Doutreligne, de la Fondation Abbé-Pierre, c'est la douche froide : « Comment un tel sujet, qui représente un quart du budget des Français, peut-il se retrouver aussi sous-évalué ? C'est scandaleux, surtout en pleine crise immobilière. »

La nomination à ce poste de Benoist Apparu, jeune loup de l'UMP, laisse les spécialistes dubitatifs. « Mis à part qu'il en possède sans doute un, que connaît Benoist Apparu au logement ? Sans doute pas grand-chose », ironise le collectif Jeudi noir. Il est vrai que son CV (lire l'encadré) ne laisse a priori présager aucun intérêt spécifique pour cet univers. Alors qu'il appartient à neuf groupes d'études à l'Assemblée nationale, il n'est pas membre de celui baptisé « Construction et logement », pourtant rejoint par 81 de ses homologues. En outre, le collectif Jeudi noir s'est amusé à taper les mots « logement » et « urbanisme » sur le moteur de recherche du site du député de la Marne. Rien. Et il ne s'est pas particulièrement fait remarquer lors du passage du projet de loi Boutin de « mobilisation pour le logement » à l'Assemblée, en février dernier. « Il est, semble-t-il, ambitieux et intelligent. Mais il va lui falloir au moins trois à six mois pour s'imprégner des dossiers », s'inquiète Patrick Doutreligne. Au moins, son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, qui détenait le maroquin de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence, est-il déjà familier du secteur. Tant mieux : c'est lui qui s'exprimera au Conseil des ministres, le secrétaire d'Etat n'y étant convié que si l'ordre du jour le concerne. W