Scientologie: le parquet requiert la dissolution

JUSTICE L'organisation est poursuivie devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie en bande organisée...

MD (Avec agence)

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Alain Rosenberg (à g.), dirigeant français de la scientologie, à son arrivée au tribunal, hier.
Alain Rosenberg (à g.), dirigeant français de la scientologie, à son arrivée au tribunal, hier. — P. VERDY / AFP

Le parquet a requis lundi la dissolution des deux principales structures françaises de l'Eglise de Scientologie, poursuivie devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie en bande organisée.

2 millions d'euros d'amendes

Les deux représentants du parquet, Maud Morel-Coujard et Nicolas Baïeto, ont en outre demandé aux magistrats de la 12e chambre de condamner l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie - Celebrity Centre (ASES-CC) - et sa librairie (SEL) à payer chacune une amende de 2 millions d'euros.

Par ailleurs, 150.000 euros d'amende, quatre ans de prison avec sursis et cinq ans de privation des droits civiques et civils ont été requis contre le responsable spirituel du Celebrity Centre, Alain Rosenberg. Le parquet a requis également de la prison avec sursis et des amendes contre les cinq autres prévenus scientologues.

Des dizaines de milliers d'euros soutirés

L'affaire remonte à la fin des années 1990. Quatre anciens adeptes avaient porté plainte, estimant avoir été abusés, voire pour certains ruinés, par l'Eglise de Scientologie. Depuis, deux d'entre eux se sont désistés de leur action.

On reproche à l'Association spirituelle de la Scientologie (ASES-CC), à sa librairie (la SEL) et à six scientologues d'avoir soutiré des dizaines de milliers d'euros à quatre anciens adeptes, en profitant de leur vulnérabilité. Certains représentants sont poursuivis pour exercice illégal de la pharmacie. Ils sont soupçonnés d'avoir, entre 1997 et 1999, trompé les plaignants «en recourant systématiquement à des tests de personnalité dépourvus de valeur scientifique (...) dans la seule perspective de vendre des services ou divers produits». Ces services étaient des cours de «réparation de vie», des séances de purification, ou encore des cocktails de vitamines.

Le tribunal correctionnel de Paris entendra mardi et mercredi les plaidoiries de la défense, avant de mettre sa décision en délibéré à plusieurs semaines.