La mobilisation sociale en berne

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Les manifestants ont-ils délaissé les pavés pour la plage ?

Censés « mettre la pression » sur le gouvernement, les syndicats ont plutôt mesuré, samedi, une forte crise de la participation. Et ont laissé entendre les voix discordantes qui fissurent leurs rangs. Entre 71 000 et 150 000 personnes ont étoffé les derniers cortèges pré-estivaux - de 9 000 à 30 000 à Paris -, soit beaucoup moins que pour les dernières grandes mobilisations intersyndicales. Pour exemple, celle du 1er Mai avait réuni entre 465 000 et 1,2 million de participants, un chiffre déjà en retrait par rapport aux précédents cortèges.

A l'approche d'un « bilan d'étape », à la mi-juillet, avec Nicolas Sarkozy sur les réformes engagées contre la crise, les syndicats ont admis que ces défilés étaient victimes d'une certaine « usure ». « La participation est incontestablement en dessous de ce qu'on aurait souhaité », a reconnu le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, mais « les manifestants d'aujourd'hui ont été les porte-parole d'une large part de la population, qui demeure majoritairement sévère à l'égard de la politique économique et sociale du gouvernement », assure-t-il. D'autres leaders syndicaux critiquent une stratégie qui ne s'exprime que dans la rue : « Il faut monter d'un cran car les manifestations n'ont pas été suffisantes pour faire céder le gouvernement. Mais il réagira s'il y a un appel national unitaire à la grève interprofessionnelle », insiste le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Une attaque d'autant plus audible par les troupes démotivées que les mois de mobilisation n'ont pas eu beaucoup d'effet. « On se retrouvera à la rentrée », a assuré Jean-Claude Mailly, alors que les suites du mouvement n'ont toujours pas été tranchées. W