L'opposition veut aussi son remaniement

David Carzon

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Redistribition des cartes électorales. Manuel Valls a continué

de mettre les pieds

dans le plat socialiste, ce week-end. Non seulement le député-maire PS d'Evry est sorti du bois le premier en se déclarant candidat à des primaires en vue de la présidentielle 2012, mais en plus, il souhaite l'abandon du mot « socialisme », qu'il juge « dépassé ». Il préfère même transformer le PS en mouvement capable de discuter « avec le MoDem, la société, les associations, les syndicats et les entreprises ». Une sortie qui montre que le conseil national du parti de la semaine dernière n'a en rien calmé les esprits.

La réflexion sur des primaires élargies aux sympathisants de la gauche poursuit également son chemin. Selon un sondage Ifop pour le quotidien Sud-Ouest ce week-end, une majorité de Français (54 %) se dit favorable à une fusion du PS avec d'autres partis pour créer un grand parti de la gauche. Si beaucoup, comme Pierre Moscovici, estiment qu'il faut « ouvrir les portes et fenêtres » du parti, il n'est pas sûr, toutefois, qu'ils se mettent tous d'accord sur les modalités : alliance de tous les progressistes, MoDem compris, ou rassemblement des gauches ? Avant ou après le projet socialiste ?

Parallèlement, les Verts continuent de surfer sur leur succès aux européennes. Samedi, ils ont adopté à l'unanimité leur feuille de route jusqu'aux élections régionales pour poursuivre le rassemblement au sein d'Europe Ecologie, réservant une place de choix à « Dany [Cohn-Bendit] Eva [Joly] et José [Bové] », en l'absence de ces trois nouvelles figures de proue. Dans leur motion, les Verts prévoient pour les régionales de 2010 une campagne « autonome de listes de rassemblement des écologistes », après des « conventions régionales » ouvertes aux « acteurs sociaux ». Mais derrière l'unanimité, des nuances étaient perceptibles. « On ne sait pas qui sont les gens qui vont continuer à animer Europe Ecologie », commentait le député Verts de Paris, Yves Cochet. W