Bébé congelé: huit ans de prison dans le procès de Saint-Brieuc

JUSTICE La mère du nouveau-né n'a pas su expliquer son geste...

J.M. avec agence

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Le corps d'un nouveau-né a été découvert dans le congélateur d'une ferme, à l'écart d'un village rural des Côtes d'Armor, et les parents présumés ont été placés lundi en garde à vue, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Le corps d'un nouveau-né a été découvert dans le congélateur d'une ferme, à l'écart d'un village rural des Côtes d'Armor, et les parents présumés ont été placés lundi en garde à vue, a-t-on appris mardi de source judiciaire. — Fred Tanneau AFP

Huit ans de prison pour Valérie Le Gall dans l'autre procès du bébé congelé. C'est la peine à laquelle a été condamnée une mère jugée par la cour d'assises des Côtes d'Armor à Saint-Brieuc pour infanticide. Une peine assortie d'un suivi socio-judiciaire et d'une injonction de soins pendant cinq ans.

Pendant les deux jours de son procès, l'accusée de 36 ans n'a pas su expliquer à la cour les raisons de son geste sinon par la crainte d'une de ces réactions violentes dont son ex-mari était coutumier. Elle assure ne pas savoir pourquoi, au terme de sa troisième grossesse, un jour d'été 2007, elle a étranglé sa petite fille avant de la placer dans le congélateur de sa ferme de Saint-Nicolas-du-Pélem.

La congélation comme une volonté de «figer l'instant»

«Je veux comprendre (...) Sachez que chaque jour, je vais vivre avec cela toute ma vie», a déclaré la jeune femme, qui a accueilli le verdict l'air abattu, les larmes aux yeux. Auparavant, interrogée sur les derniers instants de sa grossesse, Valérie Le Gall, déjà mère de deux enfants à l'époque, se contentera d'évoquer des «flashs», des «images».

«Elle a agi dans un état d'immense désarroi», a diagnostiqué à la barre une psychologue, expliquant que dans un état «d'incapacité psychologique à accueillir l'enfant», l'accusée s'était trouvée confrontée à la réalité «telle un coup de massue». Evoquant la congélation du petit corps, elle a soulevé l'hypothèse d'une volonté de «figer l'instant», pour un acte n'ayant pas été ressenti comme «vécu».

Un état de «déréalisation»

La congélation constitue également une «symbolique du corps dont on ne peut se séparer», a également indiqué la psychologue. Plutôt que d'avancer l'hypothèse d'un déni total de grossesse, puisque l'accusée savait qu'elle était enceinte, l'experte s'est retranchée derrière un «comportement complexe qui laisse perplexe» et qui aurait conduit à un passage à l'acte dans un état de «déréalisation».

Même hypothèse du côté du psychiatre, qui a décrit cet état comme une «vision perturbée de la réalité». Elle était atteinte d'une «altération du discernement au moment du passage à l'acte», a expliqué le médecin. L'avocat de la défense avait réfuté l'intentionnalité de l'acte de sa cliente et demandé «une peine qui lui permette de retrouver ses enfants le plus vite possible». Ce sera pour dans huit ans.