Youssouf Fofana lance ses chaussures en direction des parties civiles

C.B (avec agence)

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Youssouf Fofana, pendant l'audience du 29 avril 2009, au premier jour du procès du «gang des barbares».
Youssouf Fofana, pendant l'audience du 29 avril 2009, au premier jour du procès du «gang des barbares». — AFP PHOTO / BENOIT PEYRUCQ
Youssouf Fofana, assassin présumé du jeune juif Ilan Halimi en 2006, jugé depuis six semaines avec 26 coaccusés à Paris, s'est fait expulser de son procès jeudi pour la journée après avoir lancé ses chaussures en direction des parties civiles, selon des sources concordantes.
«Il y a tous les juifs du monde dans le box (des parties civiles, ndlr), ce sont mes ennemis. C'est un attentat arabe à la chaussure piégée», a affirmé Fofana pour ponctuer son geste, selon ses propos rapportés à l'AFP par les trois avocats témoins. Un geste qui n’est pas sans rappeler celui du désormais célèbre journaliste irakien, Muntazer al-Zaidi, qui avait lancé sa chaussure puis l'autre en direction de George Bush en décembre 2008, ou encore du jeune étudiant allemand qui avait lancé la sienne sur le premier ministre chinois, début février.

L'incident s'est produit en deux temps jeudi matin. Après une suspension d'audience consécutive au premier lancer, le chef présumé du «gang des barbares» a répété son geste avec sa deuxième chaussure, entraînant l'expulsion.

Maintenir «la loi du silence»

La présidente a sommé Youssouf Fofana de demeurer à la «souricière» du palais de justice pour la journée après l'incident survenu dans la matinée. Seuls trois avocats étaient présents à ce moment-là sur le banc des parties civiles. La famille d'Ilan Halimi était absente et personne n'a été atteint par les chaussures. D'après les témoins, un coaccusé était alors malmené par les questions de l'accusation et Fofana aurait cherché à faire diversion pour maintenir «la loi du silence» qui prévaut dans le box des accusés.

Ilan Halimi, 23 ans, séquestré et torturé trois semaines dans une cité HLM de Bagneux (Hauts-de-Seine), avait été abandonné au bord d'une voie ferrée dans l'Essonne le 13 février 2006. Il est mort lors de son transfert à l'hôpital. Le procès doit durer jusqu'au 10 juillet, il se déroule à huis clos depuis le 29 avril devant la cour d'assises des mineurs de Paris.


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