Air France et le BEA ne sont pas sûrs que les sondes Pitot soient la cause du crash

ACCIDENT Airbus a par ailleurs démenti envisager l'immobilisation de tous les long-courriers A330 et A340...

C. F. (avec agence)

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Un airbus A330 de la compagnie Air France, du même type que celui qui a disparu dans la nuit de dimanche à lundi.
Un airbus A330 de la compagnie Air France, du même type que celui qui a disparu dans la nuit de dimanche à lundi. — REUTERS

La polémique se poursuit en marge de l'enquête sur le crash du vol Rio-Paris. Air France et Airbus contre-attaquent ce jeudi après la diffusion d'informations dans la presse sur les sondes Pitot, qui permettent de contrôler la vitesse sur les long-courriers A330 et A340. L'enquête du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a établi que les vitesses mesurées par l'A330 accidenté étaient «incohérentes». Mais «Le Figaro» affirme ce jeudi, citant des experts, que cette défaillance semble être à l'origine du crash.

«Je ne suis pas convaincu que les sondes sont la cause de l'accident» a rétorqué Pierre-Henri Gourgeon, directeur général d'Air France-KLM, lors d'un petit déjeuner de presse organisé par l'Association des journalistes de la presse aéronautique et de l'espace (AJPAE) ce jeudi. «C'est l'enquête officielle qui doit communiquer», a-t-il martelé, en colère. Une analyse confirmée par le BEA, qui a annoncé qu'il n'y avait «encore aucun lien établi» entre les sondes  et le crash.

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Pierre-Henri Gourgeon a toutefois confirmé l'accélération du programme du remplacement des sondes, exigée par un syndicat de pilotes. «Ce programme (lancé le 27 avril, ndlr) a été accéléré car nous savons que lors de cet accident, il y a eu un problème sur la mesure de la vitesse», a-t-il reconnu. Les premiers approvisionnements étaient parvenus à la compagnie le 29 mai, soit trois jours avant l'accident de l'Airbus A330.

L'avionneur européen Airbus maintient ses sondes «sont sûres. Il est possible que les incidents de givrage se réduisent avec le nouveau type de sondes. Peut-être que cela n'apportera pas d'amélioration, on parle avec les enquêteurs à ce sujet», a malgré tout tenu à faire savoir le directeur d'Air France.

Des menaces de poursuites

Airbus a de son côté démenti une autre information parue dans «Le Figaro» ce jeudi, selon laquelle il envisageait de demander l'immobilisation de tous les long-courriers A330 et A340, afin de changer les capteurs de vitesse. «C'est faux», a réagi un porte-parole du groupe. «L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a publié un communiqué pour dire que tous les A330 et les autres Airbus peuvent être exploités en toute sécurité», a souligné ce porte-parole.

«Nous lancerons des actions en justice contre les articles irresponsables de ce genre», a-t-il par ailleurs ajouté. Airbus avait indiqué plus tôt avoir adressé lundi, à tous les clients d'A330 et A340, une note d'information technique spécifiant que ses avions étaient sûrs même avec les anciens modèles de sondes de vitesse, qu'Air France veut changer depuis la catastrophe.

Victimes Les recherches aériennes et maritimes des corps des victimes continueront au moins jusqu'au 19 juin, a indiqué mercredi soir un porte-parole des forces aériennes brésiliennes. «Le 19 juin est une date où, en fonction des courants, il sera encore possible de trouver des corps à des distances acceptables pour nos avions et nos bateaux», a-t-il indiqué. «Ce délai pourra être prolongé» si les conditions dans la zone permettent de retrouver des corps.