Destructions d'emplois: les pires chiffres jamais connus

CONJONCTURE Des destructions qui ne touchent plus seulement l'intérimaire mais aussi les CDD et les CDI...

(Avec agence)

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Pôle emploi subit "une forte tension" pour cause d'envolée du chômage, avec 75.000 dossiers de demandeurs d'emploi en souffrance sans "retard de paiement", mais "les mesures prises permettent de faire face" jusqu'à présent, a jugé lundi son directeur général Christian Charpy.
Pôle emploi subit "une forte tension" pour cause d'envolée du chômage, avec 75.000 dossiers de demandeurs d'emploi en souffrance sans "retard de paiement", mais "les mesures prises permettent de faire face" jusqu'à présent, a jugé lundi son directeur général Christian Charpy. — Denis Charlet AFP

Jamais les chiffres n'ont été aussi mauvais. Un total de 175.100 destructions nettes d'emplois salariés dans le secteur privé couvert par l'assurance chômage ont été enregistrées au premier trimestre 2009. Soit un recul de -1,1% sur un trimestre, selon des données diffusées mercredi par Pôle emploi.

«Cette baisse trimestrielle est d'une ampleur jamais observée dans toute l'histoire économique de la France», a commenté le directeur des statistiques et des enquêtes de Pôle emploi, Bernard Ernst, selon lequel «les réductions d'emplois salariés devraient être plus faibles les prochains trimestres».

Seule la Corse épargnée

Sur un an, de fin mars 2008 à fin mars 2009, les effectifs salariés ont reculé de 1,8%, soit une perte nette de 296.500 emplois, selon les données du régimes d'assurance chômage (Unedic).
L'Insee, dont le champ statistique diffère légèrement de celui de l'assurance chômage, publiera jeudi matin ses statistiques définitives sur l'emploi salarié en France au premier trimestre. Ses données provisoires diffusées mi-mai faisaient état de 138.000 destructions nettes d'emplois dans le privé.

A la fin mars, le nombre de salariés dans le secteur privé s'est donc trouvé ramené à 16.478.000 dans les établissements affiliés au régime d'assurance chômage. Toutes les régions, sauf la Corse, et tous les secteurs d'activité ont accusé des pertes nettes d'emploi au premier trimestre. Dans l'industrie, qui a enregistré la baisse la plus forte (-1,5%), les destructions d'emplois se sont accélérées. Le tertiaire a aussi subi une très forte accélération des pertes d'effectifs et la construction a enregistré un recul de l'emploi salarié pour la première fois depuis 1997.

«Le noyau dur de l'emploi est désormais touché»

De fin mars 2008 à fin mars 2009, les destructions nettes d'emplois ont atteint 200.500 dans le tertiaire et 107.500 dans l'industrie. L'intérim a perdu 84.900 postes au premier trimestre, soit une chute de 248.300 postes sur un an (-34,1%). Si l'on réaffecte ces postes intérimaires dans les secteurs utilisateurs, cela aggrave l'hémorragie dans l'industrie sur un an, cela fait apparaître des pertes dans la construction et cela stabilise le tertiaire.

Le premier trimestre constitue cependant «une rupture avec le passé car ce n'est plus seulement l'emploi intérimaire mais aussi l'emploi non intérimaire qui est touché», a observé Bernard Ernst, soulignant que «le noyau dur de l'emploi est désormais touché».

L'assurance chômage a récemment prévu une destruction nette de 591.000 emplois salariés dans le privé cette année, sur fond de recul attendu du PIB de 3%, selon des perspectives assombries diffusées le 26 mai. La dégradation de l'emploi devrait persister «plusieurs trimestres», avec des destructions d'emplois salariés dans le privé en 2009 pouvant approcher la prévision de l'Unedic, a jugé lundi le ministère de l'Emploi.