Les dirigeants de SOS racisme sont toujours en garde à vue

POLITIQUE Des responsables de l'association sont entendus depuis hier à la brigade financière de Paris...

20minutes.fr

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 Dominique Sopo et cinq autres dirigeants de l'association SOS racisme ont été placés en garde à vue le 9 juin 2009.
 Dominique Sopo et cinq autres dirigeants de l'association SOS racisme ont été placés en garde à vue le 9 juin 2009. — SIPA

Le président de SOS Racisme Dominique Sopo et deux cadres de l'association sont toujours en garde à vue ce mercredi dans les locaux de la Brigade financière à Paris. Ils sont interrogés dans le cadre de l'enquête sur des mouvements de fonds suspects sur les comptes du député socialiste Julien Dray. Deux autres membres de SOS Racisme placés ont été remis en liberté. Une sixième personne avait aussi été entendue comme témoin mardi par la Brigade financière.

Perquisition au siège de SOS racisme

La veille, une perquisition avait eu lieu au siège de SOS racisme à Paris (19e). Julien Dray a réagi par le biais d'une de ses avocate. Le vice-président du conseil régional d'Ile-de-France chargé de la jeunesse «entend apporter un démenti formel aux affirmations inacceptables et radicalement contraires à la vérité». «Il est sidérant, a déploré Me Florence Gaudillière, de constater que depuis maintenant six mois les autorités judiciaires et policières alimentent de manière hebdomadaire la presse d'informations tronquées de nature à entretenir une suspicion nauséabonde».

Julien Dray pourrait être bientôt interrogé


Le parquet de Paris a ouvert le 10 décembre dernier une enquête préliminaire pour «abus de confiance» contre Julien Dray, fondateur de SOS Racisme et aujourd’hui député dans l’Essonne. Les soupçons des enquêteurs portent sur des mouvements de fonds suspects depuis les comptes de l’association anti-racisme et ceux de l’organisation syndicale lycéenne FIDL, depuis début 2006. Julien Dray aurait pu bénéficier d'une partie de ces sommes, évaluées à plus de 350.000 euros. Interrogé par «Le Parisien», le Parquet a déclaré que Julien Dray pourrait être interrogé «dans les toutes prochaines semaines».

De nombreux proches du député de l'Essonne auraient «reconnu lui avoir octroyé plusieurs prêts et dons, soit directement, soit par le biais de SOS Racisme ou de l'organisation syndicale FIDL», précise également «Le Parisien».


Le cabinet du procureur de Paris a confirmé à 20minutes.fr que «des personnes étaient bien entendues dans le cadre de l’enquête préliminaire», mais refuse d'en dire plus, parce que «ce serait prématuré, l’enquête suit encore son cours». Quant à savoir si oui ou non les dirigeants du syndicat lycéen FIDL seront à leur tour entendus, le Parquet de Paris répond qu’«il appartient aux enquêteurs de voir qui ils vont entendre, ce sont eux qui mènent les investigations».

A l’issue de la procédure, il reviendra au procureur de Paris, Jean-Claude Martin, de classer l’affaire ou d’ouvrir une information judiciaire.
JUSTICE - Une immunité parlementaire qui pose problème... «Pour pouvoir placer Julien Dray en garde à vue, le procureur de la République a besoin de l'accord préalable du bureau de l'Assemblée national» explique «Le Parisien». Un fait rare, depuis 1995 et la réforme de l'immunité parlementaire le bureau n'a été sollicité qu'à deux reprises. D'autant que le temps presse. La prochaine réunion du bureau de l'Assemblée est prévue le 17 juin. S'il veut placer Julien Dray en garde à vue, le parquet de Paris doit effectuer sa demande avant mercredi prochain.