Air France défend ses sondes Pitot

CATASTROPHE Les sondes de vitesse, appelées sondes Pitot, sont au coeur de la polémique sur le crash de l'Airbus...

Avec agence
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Un airbus A330 de la compagnie Air France, du même type que celui qui a disparu dans la nuit de dimanche à lundi.
Un airbus A330 de la compagnie Air France, du même type que celui qui a disparu dans la nuit de dimanche à lundi. — REUTERS

Air France a annoncé samedi qu'elle avait accéléré son programme de remplacement de sondes anémométriques (Pitot), sondes qui permettent de calculer la vitesse aérodynamique, sur ses avions A330 et A340, «sans préjuger d'un lien» avec l'accident du vol AF447.


Ce programme a été lancé le 27 avril, a précisé la compagnie aérienne dans un communiqué, soit un mois avant l’accident.


>>> Retrouvez tout notre dossier sur l’accident du vol AF 447


Selon le «JDD», la seule certitude des enquêteurs concerne les messages d'alerte émis par l'A330 qui font apparaître «une incohérence des mesures de vitesse» fournies par les sondes Pitot, ces trois tubes placés à l'avant du fuselage. Or, toujours selon la même source, d'autres A330 ont rencontré des incidents similaires, ce qui a conduit plusieurs compagnies à remplacer les Pitot.  Air France explique que des «défauts de fonctionnement» sur les sondes de ses A320, qui absorbaient de l'eau, ont amené Airbus à «édicter en septembre 2007 une recommandation» de les changer, ce qu'a fait Air France sur tous ses A320, mais pas sur ses A340/330, «en l'absence d'incidents constatés» sur ce type d'appareils.

Givrage des sondes


A partir de mai 2008 toutefois, «des incidents de pertes d'information anémométrique en vol en croisière» sur des A340 et des A330 ont été constatés. Une analyse conjointe avec Airbus a fait apparaître qu'ils découlaient d'un «givrage des sondes, la panne disparaissant au bout de quelques minutes», précise la compagnie. Après plusieurs réunions techniques avec Airbus, Air France dit avoir «demandé une solution pour réduire ou faire disparaître l'apparition de ces incidents».


En réponse Airbus a selon elle «indiqué que le modèle (de sonde) recommandé sur A320 n'est pas conçu pour prévenir» ces incidents sur les A330 et A340. «Au premier trimestre 2009 des essais en laboratoire font cependant apparaître que la nouvelle sonde pourrait apporter une amélioration significative au problème de givrage en haute altitude par rapport à la sonde précédente», poursuit Air France, qui propose alors «une expérimentation en vol, en situation réelle».


Mais, «sans l'attendre», il «décide alors de changer toutes les sondes de sa flotte A330/340».


Cependant, Alter, syndicat minoritaire de pilotes d'Air France, a appelé ce lundi le personnel navigant technique à «refuser tout vol sur des A330-340 n'ayant pas au moins deux sondes Pitot modifiées».

Dans un communiqué, Alter «considère qu'aucune mesure conservatoire satisfaisante n'a été prise» et «déplore que, dans l'attente du remplacement de tous les Pitot défectueux, la direction n'ait pas pris la décision d'immobiliser les A330 et A340 non encore équipés de nouveaux modèles de Pitot et dont le remplacement complet n'est prévu que dans les prochaines semaines».