Armes dans les établissements scolaires: Darcos persiste, Sarkozy tranchera

SECURITE Malgré les rappels à l'ordre de Michèle Alliot-Marie, le ministre de l'Education a maintenu ses propositions sur les portiques et une force mobile ce mercredi matin...

C. F.

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Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, dans un nouveau geste en direction du monde enseignant, a repoussé d'un an la réforme des concours des professeurs, ouvrant des discussions qui s'annoncent serrées avec des syndicats jugeant insuffisantes les concessions faites.
Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, dans un nouveau geste en direction du monde enseignant, a repoussé d'un an la réforme des concours des professeurs, ouvrant des discussions qui s'annoncent serrées avec des syndicats jugeant insuffisantes les concessions faites. — Martin Bureau AFP

Xavier Darcos veut «dissuader, former et responsabiliser» face au «phénomène préoccupant» des armes à l'école, mais c'est l'Elysée qui tranchera. Alors que le ministre de l'Education a réuni ce mercredi matin des représentants des chefs d’établissement, des parents d’élèves et des collectivités territoriales pour évoquer cette question, des pistes vont être soumises jeudi à Nicolas Sarkozy qui devra trancher jeudi, à l'issue d'une réunion plus générale sur la sécurité à l'Elysée.

Malgré les rappels à l'ordre de sa collègue de l'Intérieur, Xavier Darcos a réitéré les propositions polémiques qu'il avait faites devant 90e Congrès de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (Peep) à la suite du drame de Fenouillet (Haute-Garonne), où une enseignante a été poignardée en plein collège le 15 mai. Si le président de la fédération de parents d'élèves Peep, Philippe Vrand, a donné son «aval» aux «portiques» et aux «nouvelles prérogatives» pour les fouilles, en revanche il ne l'a pas fait pour les sanctions des parents. Signe de leur mécontentement, les associations des départements et régions de France, majoritairement à gauche, n'étaient pas représentées par des élus.

Quant aux directeurs de collèges et lycées, leur position était très nuancée. Secrétaire général du principal syndicat de chefs d'établissement (SNPDEN), Philippe Tournier a réclamé du «cas par cas» pour les portiques et l'habilitation aux fouilles. Il a aussi refusé les opérations «coup de poing» qui aggraveraient selon lui les problèmes, prônant des interventions plus longues dans les établissements.

Fillon réagit face aux critiques

Le Premier ministre François Fillon a déclaré mercredi lors d'un meeting à Mulsanne (Sarthe) que son gouvernement continuerait de «combattre l'insécurité partout», «particulièrement l'entrée de nos écoles». Il a fustigé «ceux qui mettent toute leur énergie et leur ardeur à combattre» l'idée «de mettre en place des systèmes de surveillance», ou qui accusent le gouvernement de «vouloir porter atteinte aux libertés individuelles lorsqu'on demande qu'un chef d'établissement ou un enseignant puisse ouvrir le cartable d'un élève pour vérifier qu'il n'y a pas d'arme blanche dedans».
 

Xavier darcos a maintenu la nécessité de mettre en place des portiques de détection d’armes dans les établissements où les diagnostics de sécurité auront fait apparaître une difficulté récurrente à empêcher leur introduction. Il a également proposé que les chefs d’établissement et les conseillers principaux d’éducation (CPE) puissent recevoir les moyens juridiques de contrôler le contenu des sacs des élèves lorsqu’ils l’estiment nécessaire, au moyen d’une habilitation spécifique qui leur serait donnée par la loi. Enfin, une force mobile d’agents assermentés, recrutés et formés, pourrait être placée auprès des recteurs pour intervenir dans les établissements, sous l’autorité des chefs d’établissement.

MAM ne croit pas à «une généralisation des portiques»

La semaine dernière, Michèle Alliot-Marie était montée au créneau: «On ne va pas installer des commissariats dans les écoles, ni morceler les forces de police pour créer une brigade spéciale pour chaque problème», avait-elle martelé, ajoutant qu'elle ne croyait pas à «une généralisation des portiques».

Xavier Darcos semble avoir fait la sourde oreille. Il a par ailleurs rappelé sa volonté de voir les agressions commises sur les personnels de direction, de vie scolaire et sur les enseignants, faire l’objet de circonstances aggravantes, y compris lorsqu’elles se déroulent en dehors des établissements scolaires.

Sanctions financières pour les parents

Le ministre, enfin, a reformulé l'idée que des sanctions financières concrètes, rapides et proportionnées puissent peser sur les parents qui ont définitivement démissionné afin de rappeler ces familles à leurs responsabilités.

Histoire de ne pas tout miser sur un volet répressif, Xavier Darcos propose aussi de renforcer la formation des chefs d’établissement et des CPE à la gestion de ces nouvelles formes de violence. Le ministre de l’Education nationale soumettra ce mercredi ces propositions au Président de la République et au Premier ministre.