Le préservatif géant posé sur l'obélisque de la Concorde par Act Up à Paris, en 1993.
Le préservatif géant posé sur l'obélisque de la Concorde par Act Up à Paris, en 1993. — J. GERARD / AFP

Coupe de France

Vingt ans de lutte, pas le plus bel âge pour Act Up-Paris

Un anniversaire sans fleurs ni couronnes. Habitué des actions chocs,

Un anniversaire sans fleurs ni couronnes. Habitué des actions chocs,

Act Up-Paris a pour l'instant choisi la sobriété pour fêter ses 20 ans. Deux décennies que l'association de lutte contre le sida propose de retracer, en ayant tout de même le « regret » de nous convier aux réjouissances. « La reconnaissance du VIH comme une maladie invalidante, la prise en charge des malades à 100 %, la suspension des peines et des expulsions des malades... Tous ces acquis deviennent précaires avec le gouvernement actuel », insiste Safia Soltani, coprésidente de l'association.

Pour elle comme pour les militants (140 environ), il n'était pas question qu'Act Up ne voie pas l'âge adulte. D'autant plus que d'autres menaces pointent à l'horizon avec le vote de la loi Bachelot, « qui pourrait signifier le démantèlement de la Sécu », le maintien de malades dans des centres de rétention ou encore l'insuffisance d'accès aux soins dans les pays en voie de développement. La mobilisation pour les « camarades » des zones défavorisées va croître, alors qu'il manque « cinq milliards de dollars » au Fonds mondial de lutte contre le sida pour financer ses programmes d'ici à 2010.

Un oeil rivé sur l'international, Act Up continue son action depuis la France, dont Paris, « capitale européenne du sida » avec la moitié des 200 000 séropositifs français vivant dans la région. « On demande à ce que les séropositifs aient le droit d'asile en France », précise Stéphane Vambre, l'autre coprésident. Et pour se faire entendre, point de préservatif géant enfilé sur l'obélisque de la Concorde comme en novembre 1993. L'association a envoyé hier une lettre ouverte au président Sarkozy pour lui signifier « toutes ses inquiétudes ». Avant de « convoquer » le chef de l'Etat le 26 juin dans ses bureaux. « L'épidémie a assez duré. On peut y mettre fin, c'est une question de volonté politique », résume Stéphane Vambre. W