Pancarte «Casse-toi pov'con» contre Sarkozy: le militant n'aura pas d'aide pour son pourvoi en cassation

JUSTICE Le bureau chargé d'attribuer ces aides estime que la demande «n'est pas sérieuse»...

avec agences

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Le tribunal correctionnel de Laval a condamné jeudi à une "amende de principe" de trente euros avec sursis pour offense au chef de l'Etat un homme qui avait brandi en août une affichette portant la mention "Casse-toi pov'con" devant la voiture de Nicolas Sarkozy.
Le tribunal correctionnel de Laval a condamné jeudi à une "amende de principe" de trente euros avec sursis pour offense au chef de l'Etat un homme qui avait brandi en août une affichette portant la mention "Casse-toi pov'con" devant la voiture de Nicolas Sarkozy. — Jean-François Monier AFP/Archives

Le parcours judiciaire d'Hervé Eon va-t-il s'arrêter là? Le militant condamné pour avoir brandi une affichette où était inscrit «Casse-toi pov'con» devant la voiture de Nicolas Sarkozy à Laval a annoncé mardi qu'une aide juridictionnelle pour son éventuel pourvoi en cassation lui avait été refusée.

 

Dans un «courrier recommandé daté du 15 mai, le bureau d'aide juridictionnelle de la Cour de cassation indique que mon pourvoi n'est pas sérieux donc que je ne peux pas recevoir d'aide. Je trouve ça aberrant», a dit Hervé Eon, contacté au téléphone par l'AFP. Il a affirmé qu'il avait bénéficié de cette aide en première et seconde instance.

 

Acte délibéré

 

Le courrier stipule que «la demande d'aide juridictionnelle est (...) rejetée au motif suivant: aucun moyen de cassation sérieux ne peut être relevé contre la décision critiquée au sens de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991», précise Hervé Eon, en lisant le document à l'AFP.

 

La cour d'appel d'Angers avait confirmé en mars la peine de 30 euros d'amende avec sursis infligée par le tribunal correctionnel de Laval pour «offense au chef de l'Etat» à l'ex-travailleur social de 57 ans, aujourd'hui sans emploi.

 

La cour avait souligné qu'il avait préparé son acte et délibérément brandi son affichette au passage du cortège présidentiel le 28 août 2008.

 

La phrase «casse-toi pauvre con» avait été popularisée via une vidéo diffusée en 2008 sur internet où l'on voyait Nicolas Sarkozy lancer l'invective au Salon de l'agriculture de Paris à l'adresse d'un visiteur qui refusait de lui serrer la main en lui disant «ah non touche moi pas».

 

Hervé Eon, qui milite au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et est candidat aux prochaines européennes, a estimé à 3.500 euros les frais qu'il aurait à engager pour son pourvoi en cassation. Il déclare avoir pour tout revenu une allocation spécifique de solidarité de 450 euros par mois.