Accident de fret: «La privatisation et les incidents, ça n'a rien à voir!», Bussereau réplique aux critiques

SNCF Le secrétaire d'Etat chargé des Transports a promis une enquête après l'accident survenu mercredi sur la ligne Paris-Bordeaux...

Avec agence

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Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau, a dénoncé lundi matin sur Europe 1 ce qui était "apparemment un nouvel acte de malveillance" contre la SNCF après les incidents de samedi qui ont perturbé le réseau ferroviaire.
Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau, a dénoncé lundi matin sur Europe 1 ce qui était "apparemment un nouvel acte de malveillance" contre la SNCF après les incidents de samedi qui ont perturbé le réseau ferroviaire. — Jean-Christophe Verhaegen AFP/Archives

Le secrétaire d'Etat chargé des Transports Dominique Bussereau a demandé jeudi une enquête du Bureau enquête accident (BEA) pour déterminer les causes de l'accident survenu sur une ligne de fret en Charente dans la nuit de mardi à mercredi, selon un communiqué du ministère.

Dominique Bussereau a également répliqué aux critiques de plusieurs syndicats et d'Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), faisant le lien entre cet accident et la libéralisation du transport ferroviaire.

Au total, 30.000 voyageurs ont subi retards ou annulations de trains à cause de l'accident, a indiqué la SNCF.

Aucun carton rouge

«La privatisation et les incidents, ça n'a rien à voir!», a affirmé le secrétaire d'Etat, interrogé sur Europe1, ne voyant «aucun carton rouge» à décerner aux transporteurs privés assurant une partie du fret en France.

«Il faut stopper toutes les mesures de libéralisation et de privatisation (...) Au total, c'est les usagers qui vont payer les factures de tout cela», avait déclaré de son côté Olivier Besancenot sur France Inter, rappelant qu'en 2010 le transport des voyageurs devait à son tour être ouvert à la concurrence.

Trafic rétabli


D'après la SNCF, le trafic était rétabli normalement jeudi sur la ligne où a eu lieu l'accident entre deux trains de fret, dont l'un transportant des tractopelles. Les trains devaient simplement ralentir à hauteur de Charmant (Charente) au sud d'Angoulême.

La SNCF a mis à la disposition deux TGV supplémentaires jeudi entre Paris et Bordeaux, une ligne sur laquelle 10.000 personnes n'ont pu voyager mercredi à la veille du pont de l'Ascension, a précisé une chargée de communication régionale jointe par l'AFP.

Une enquête technique confiée au Bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) devra déterminer «les causes et les circonstances précises de l'accident, et définir les actions à entreprendre pour qu'il ne se renouvelle pas», selon le communiqué du secrétaire d'Etat aux Transports.

La faute des Allemands

Dominique Bussereau a rappelé que la circulation des trains de fret sur le réseau ferré national, ouverte à la concurrence depuis 2006, était soumise à l'obtention préalable d'un certificat de sécurité délivré par l'Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF).

L'EPSF «vérifie, habilite, fait des audits, punit et peut même retirer les licences à ceux qui n'accepteraient pas les règles», a affirmé Dominique Bussereau sur Europe1.

Concernant l'accident en Charente, «le défaut d'arrimage (du chargement de tractopelles, ndlr) s'est produit en Allemagne», a-t-il ajouté. «Ça n'a rien à voir avec celui qui était le tractionnaire du train», en l'occurrence Euro Cargo Rail (ECR), «entreprise privée filiale des chemins de fer allemand», selon Dominique Bussereau.