Accident SNCF: «recrudescence des incidents» depuis la concurrence

TRANSPORT C'est ce qu'affirme les syndicats.

Avec agence

— 

La CGT-cheminots a dénoncé mercredi une "recrudescence" des incidents depuis l'ouverture du transport ferroviaire français à la concurrence, et demandé la création d'un "gendarme du rail" pour vérifier les conditions d'exploitation et le niveau de sécurité.

"Depuis l'arrivée des trains privés sur notre réseau, on a une certaine recrudescence d'incidents, voire de catastrophes évitées comme en avril 2008 à Montauban, où un train de Veolia Cargo Rail de fret qui circulait à plus de 60 km/h s'est avéré n'avoir plus de frein", a déclaré le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste.

Gendarme du rail

Vers 0h40 mercredi, "un choc" s'est produit lors d'un croisement entre un train de fret SNCF et un train transportant des tractopelles, de la compagnie privée ECR, filiale de la DeutscheBahn, à hauteur de Charmant, près d'Angoulême, selon la SNCF.

La CGT rapproche cet incident des "conditions dans lesquelles l'ouverture à la concurrence s'est faite" en 2006 et demande la création d'un "gendarme du rail".

"Nous voulons une structure de contrôle sous l'égide des pouvoirs publics, comme ce qui a été fait pour les chauffeurs routiers, chargée de vérifier en temps réel la durée du temps de travail des conducteurs, les conditions d'exploitation du réseau ferré et notamment le niveau de sécurité", a demandé Didier Le Reste.

"On a maintenant huit opérateurs privés, qui ont la possibilité de faire circuler des trains de fret en France, sans aucune structure adaptée de contrôle" a-t-il ajouté.

Problème de compétences

"A Montauban, les enquêtes ont démontré qu'on avait sous-traité à une petite boîte - qui n'avait certainement pas toutes les compétences pour des opérations de sécurité -, ce qu'on appelle en jargon interne les essais de frein", selon Didier Le Reste.

En Charente, pour l'accident intervenu dans la nuit de mardi à mercredi, "c'est beaucoup plus la façon dont on a conçu le convoi qui semble mise en cause", a-t-il estimé. "Il y a vraisemblablement un problème d'arrimage de matériels lourds transportés dans ce train qui dépassait le gabarit et présentait un obstacle dangereux pour tous les trains qu'il croisait", a-t-il fait valoir.