Un témoin à charge entendu au procès du «gang des barbares»

JUSTICE Il dit avoir été leur victime quelques jours avant Ilan Halimi. Pour se défendre, Fofana ne pourra compter que sur la moitié de ses avocats, puisqu'il a récusé les autres...

J.M.

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Youssouf Fofana, pendant l'audience du 29 avril 2009, au premier jour du procès du «gang des barbares».
Youssouf Fofana, pendant l'audience du 29 avril 2009, au premier jour du procès du «gang des barbares». — AFP PHOTO / BENOIT PEYRUCQ

Si on l'avait pris au sérieux, Ilan Halimi serait peut-être encore en vie. C'est ce que prétend Mickaël Douïeb, victime du «gang des barbares» quelques jours avant le jeune homme, qui est entendu ce mercredi au procès en qualité de témoin. La veille, alors que son fils Jimmy témoignait à la barre, il racontait au «Parisien» (article payant) comment ce dernier avait été repéré par la bande, et comment une jeune femme, Alexandra, avait également servi d'appât.

Jimmy, producteur de musique, n'avait pas mordu à l'hameçon. C'est donc vers son père que s'était tourné Alexandra pour obtenir gain de cause. «J'ai été leur plan B», analyse-t-il avec le recul.

«Pendant ce temps, Ilan Halimi mourait dans sa cave»

L'homme, qui garde des séquelles de sa rencontre avec Fofana et ses sbires, assure qu'il avait fourni aux enquêteurs les numéros de téléphone de la jeune fille et de Jérémy Pastisson, un autre co-accusé. «Mon dossier a mis une semaine pour arriver chez la juge d'instruction, regrette-t-il. Pendant ce temps, Ilan Halimi mourait dans sa cave.»

Un témoignage à charge que Mickaël Douïeb, en colère, devrait répéter à la barre. Face à lui, Youssouf Fofana ne pourra compter que sur une équipe resserrée pour sa défense. L'accusé a en effet donné congé à deux de ses quatre avocats.

«Il m'a récusée. Je lui ai posé une question totalement anodine et ça lui a posé un problème, j'ai fait en sorte de pouvoir dégager», a expliqué ce mercredi Isabelle Coutant-Peyre, précisant que les deux autres avocats non encore récusés pourraient l'être le même jour.

«Coutant-Peyre... Peyre, c'est juif, non?»

«Il me considère comme une "ennemie de l'intérieur", c'est son expression, même s'il me le demande, je ne reviendrai pas», a affirmé l'avocate. Sur son blog, une journaliste du «Nouvel Observateur» rapporte par ailleurs un motif antisémite à cette décision.

«Coutant-Peyre... Peyre, c'est juif, non?», se serait-il interrogé avant de poursuivre: «On veut déjà me tuer... Donc, je ne vais pas m'entourer de gens comme ça.» Selon l'avocate, d'autres défenseurs qui connaissaient le dossier sont déjà prêts à prendre le relais. Pendant l'enquête, Fofana, coutumier des outrances et des provocations, avaient déjà usé plus d'une trentaine d'avocats.