Affaire Halimi: ouverture d'une enquête après publication d'une photo

JUSTICE Alors que le procès du «gang des barbares» est en cours, le magazine «Choc» publie la photo d'un jeune homme un pistolet sur la tempe, affirmant qu'il s’agit d’Ilan Halimi...

Avec agence

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L'incarcération de Youssouf Fofana, chef présumé du gang soupconné du meurtre d'Ilan Halimi, devrait permettre à la justice d'y voir plus clair sur son rôle au sein du groupe des "barbares" dont l'organisation et les motivations, antisémites ou non, restent floues.
L'incarcération de Youssouf Fofana, chef présumé du gang soupconné du meurtre d'Ilan Halimi, devrait permettre à la justice d'y voir plus clair sur son rôle au sein du groupe des "barbares" dont l'organisation et les motivations, antisémites ou non, restent floues. — Pascal Pavani AFP/Archives

Le parquet de Paris va ouvrir une enquête après la publication par le magazine Choc, en plein procès du «gang des barbares», d'une photo présentée comme un cliché d'Ilan Halimi aux mains de ses ravisseurs.

Cette enquête, qui sera ouverte dans la journée de samedi indique-t-on de source judiciaire, devra notamment vérifier s'il s'agit bien d'une photo du dossier d'instruction.

Ce dernier est actuellement dans les mains de la cour d'assises des mineurs qui juge depuis le 29 avril Youssouf Fofana et 26 autres jeunes soupçonnés d'être impliqués dans le rapt et la mort de ce jeune juif de 23 ans en 2006.

Visage masqué par un scotch, poignets entravés

Le magazine, dans son édition datée du mois de juin, montre en Une une photo d'un jeune homme avec un pistolet sur la tempe. Son visage est masqué par un scotch argenté, ses poignets sont entravés. Un quotidien est posé sur son torse. Cette photo est également publiée deux fois en pages intérieures.

«Il s'agit de la première photo envoyée à la famille avec demande de rançon» quelques jours après l'enlèvement, a affirmé le rédacteur en chef du magazine, Paul Payan.

Montrer la barbarie

«Ce n'est pas une photo pour une photo. On a eu en mains des photos beaucoup plus dures de demandes de rançon ultérieures, on ne les a pas publiées. Notre propos est de montrer que dès le début, la barbarie est là», a-t-il expliqué, disant s'être «posé la question de la publication ou non».

Sur cinq doubles pages intérieures, le magazine montre notamment les visages de plusieurs personnes renvoyées devant la cour d'assises. Celui des mineurs est flouté. L'enquête devra également déterminer si ces photos font partie du dossier judiciaire.

>> Lire notre dossier sur le gang des barbares