Un suspect identifié trente ans plus tard par des traces de sperme

JUSTICE Les policiers de l'Essonne viennent de placer en garde à vue un quadragénaire suspecté de quatre homicides ayant eu lieu entre 1980 et 1983. Un rebondissement peut-être vain...

Avec agence

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Près de trente ans après une série de quatre meurtres perpétrés en Essonne qu'ils n'avaient su résoudre, les enquêteurs ont enfin un suspect. «Après plusieurs mois d'investigations, les policiers sont parvenus à mettre un nom sur un profil génétique mis en évidence sur le lieu d'un crime», révèle «Le Parisien» de ce vendredi. Selon l'AFP, un homme âgé de 46 ans aurait été arrêté jeudi puis placé en garde à vue.

Entre le 11 mars 1980 et le 7 août 1983, quatre femmes de 17 à 26 ans, avaient été découvertes étranglées, ou pendue pour l'une, près de la RN 20 dans la région d'Etampes. Deux d'entre elles avaient été retrouvées au même endroit, un château d'eau désaffecté au lieu dit Mondésir.
Pour l'instant, l'homme n'est suspecté que du meurtre de Pascale Lecam, 21 ans, dont le corps avait été retrouvé le 7 août 1983. Une trace ADN de l'individu aurait été découverte sur les lieux.

«Pas une preuve» selon le procureur
Comme le veut la procédure, tous les scellés avaient été détruits après chaque instruction. A l'exception de trois mouchoirs jetables, souillés par des traces de sperme, retrouvés «sous le corps et à proximité» de la quatrième et dernière victime, Pascale Lecam. Ancien délinquant «gravitant dans les milieux nomades ferailleurs» selon l'AFP, l'homme arrêté jeudi était inscrit au Fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg). C'est en juillet 2008, lorsqu'il analyse l'ADN récupéré sur les mouchoirs, que le Fnaeg établit un rapport avec le quadragènaire. Au début des années 1980, l'individu fréquentait régulièrement le «Pub Saint-Germain», le dernier endroit où Pascale Lecam avait été vue vivante.

Le fait que son ADN ait été retrouvé ne constitue «pas une preuve» de son implication, a souligné vendredi Jean-François Pascal, le procureur de la République d'Evry. S'agissant des autres crimes, «il n'est pas établi» qu'ils soient dus au même auteur, a-t-il précisé.

Tous les efforts des policiers et laboratoires scientifiques pourraient n'avoir servi à rien. Commis entre 1980 et 1983, les quatre crimes tombent sous le coup de la prescription. En effet, passés dix ans après les faits, aucune poursuite ne peut être engagée contre l'auteur présumé. Il y a cependant des exceptions. La prescription a été levée à deux reprises. La première fois en 2000, pour l’enquête sur Emile Louis, puis, trois ans plus tard, pour celle sur Michel Fourniret.