Près de 200 collèges et lycées doivent revoir leur dispositif de sécurité face aux intrusions

VIOLENCES Ils ont transmis aux académies un diagnostic, qui doit servir de base à un bilan national...

Avec agence

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Aujourd'hui contravention, l'intrusion dans un établissement scolaire doit devenir un délit.
Aujourd'hui contravention, l'intrusion dans un établissement scolaire doit devenir un délit. — Stephane de Sakutin AFP/Archives

Nicolas Sarkozy avait annoncé le 18 mars à Gagny (Seine-Saint-Denis), huit jours après une expédition punitive menée dans un lycée de la ville, la «sanctuarisation» des établissements scolaires et le recensement des plus exposés aux intrusions. La deuxième partie de son plan est en voie d'achèvement. Près de 200 collèges et lycées (184 exactement), dont le nom ne sera pas publié et identifiés dans les académies les plus peuplées, devaient avoir transmis ce vendredi l'ensemble des plans et diagnostics de sécurité à leur académie, a précisé à l'AFP l'entourage du ministre de l'Education, Xavier Darcos.

Ces diagnostics devraient porter essentiellement sur les abords, les problèmes de clôture, voire la vidéosurveillance. Les recteurs des académies concernées étaient chargés de réaliser des synthèses qualitatives, transmises ce vendredi ou lundi au ministère. Un bilan national pourra alors être fait rapidement.

15% d'intrusions parmi les incidents graves

Leur but, «ce n'est pas d'aboutir à demander dix surveillants de plus et trois clôtures de trois mètres de haut. Cela en fera peut-être partie mais il y a aussi un regard précis sur le fonctionnement de l'établissement dans ces compartiments-là: qu'est-ce qu'une intrusion, est-ce qu'il y en a beaucoup, comment peut-on les combattre, etc.», a-t-on expliqué.

L'enquête nationale Sivis (Système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire) ne dénombre que 15 % d'intrusions parmi les incidents graves, dont seulement la moitié commises par des personnes sans lien familial avec les élèves.

«Le reflet de la sociologie des bandes du coin»

Une trentaine d'établissements ont été identifiés dans l'académie de Créteil (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Seine-et-Marne), une vingtaine dans l'académie de Versailles. «Les intrusions sont pour beaucoup le reflet de la sociologie des bandes du coin», indique le rectorat de Créteil à l'AFP. «Ce n'est pas l'établissement qui est violent, ce sont ses abords. Le fait qu'on soit dans ce classement n'a rien de choquant, les élèves sont en sécurité à l'intérieur», confie pour sa part sous le couvert de l'anonymat le proviseur d'un lycée de Seine-Saint-Denis figurant sur la liste.

Pour lutter contre le phénomène des «bandes violentes», Nicolas Sarkozy entend créer un nouveau délit, dans le cadre d'une proposition de loi qui doit être examinée fin mai devant l'Assemblée.